06 septembre 2005

Des noeuds au cerveau : Suis-je mauvais ?

Mon commercial m'échange un cours d'espagnol contre un peu de temps encore à passer chez le client. C'est le deal que j'ai obtenu, le mieux que je suis parvenu à négocier. Quid de la confiance, alors ? ------> Naive Clément

Inutile de l'espérer, c'est tellement évident.
J'aurais aimé quil me fasse confiance et accepte de donner ces cours d'espagnols.

Mais de mon coté, suis-je prêt à faire gratuitement un travail ?
Non, c'est sur. Pourtant à bien y réfléchir, il est évident que je me trompe à le penser, car il y a aussi du bénéfice à travailler sans savoir pourquoi. Il s'agit bien de morale. Les temps changent et je crois que ce qui me parait "évident" ne l'est pas forcément pour la génération de mes parents. Nous vivons décidément dans une société marchande où tout est une affaire de contrat.

Il a du y avoir, dans des temps ancestraux où pas, une société où tout ne se traduit pas forcément par une transaction comptable, où la confiance existait. Cette action est devenue très risquée en bourse, victime de nombreuses spéculations, elle ne vaut aujourd'hui plus rien.
Tout devient affaire de transaction, voilà une justice : chacun des partis a obtenu compensation de ce qu'il a cédé, basta. En même temps c'est une question d'horizon, être juste par rapport à une morale ou part rapport au monde marchand. C'est une explication simple et ca me rassurerait que ce ne soit que ça. Cette conception du monde celle d'une grande partie du monde industrialisé.

Mais alors, pourquoi donner pour ses parents quand il sont à la retraite. Evident c'est peu raisonnable, remboursement d'une dette ? Pff... En Afrique, c'est encore normal. Mais va savoir, le progrès arrive partout même au fin fond de la brousse, à la limite pourquoi donner gratuitement à ses enfants, est-ce qu'on va vers ce monde ? Where love has gone ?

Ce matin, en discuttant avec les collègues, je me suis rendu compte que j'étais maintenant parfaitement l'archétype de ce que je dénonce, et ca m'a mis la puce à l'oreille : Je suis devenu méfiant, sans pitié, infidèle et interessé... Sauvez moi, il ne me reste plus qu'à devenir vénal et faux cul.

L'édification d'une morale n'est pas forcément un fait conscient. Quand bien même je comprends pourquoi c'est bien et pourquoi c'est mal, je ne contrôle pas cette envie d'être mauvais. Je me rends compte qu'on choisi pas toujours d'être gentil ou méchant et je vire vers une couleur dangereuse, politique et rusé. J'avance mes pions, fait des alliances, des tractations, j'organise des manoeuvres psycholiques et je complote.

Pourquoi je deviens comme ça ? Que faire... qu'est ce qui me bouffe ?

Suggestions ?

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