On pourra maintenant me raconter ce qu'on voudra sur les administrations, je saurais à quoi m'en tenir. La belle hiérarchie de ces boîtes produit l'invraissemblable. C'est principalement sur ce ressort que nous sommes parvenus à organiser le gachis. Les réunions entre les subalternes sont interdites, il n'y a que les chefs qui ont le droit de communiquer. Alors, notre belle application est devenue une superbe boîte à clous à force d'aller et de revenir sur des spécifications qui n'existent pas ailleurs que dans l'imagination de ces chefs. Cette mission est pour moi très formatrice dans la mesure où j'aurais tout ce qu'il faut faire pour foirer un projet. Notre appli est un tas de rustine. Nous allons droit dans le mur avec zèle et dépensons surtout notre énergie pour respecter les normes, car c'est ça le plus important non ? Aaaah... l'administration ! Maintenant, je suis résigné, je suis un soldat, je fais des choses comme on me dit de les faire, quand bien même ça me détruit et quand on me transforme en nuisible, j'accepte, on me paye pour ça. Pourtant, sâche, contribuable, qu'en jetant ton argent par les fenêtres, j'ai plein de remords. Ca peux te paraître osé de quelqu'un qui rédige ses billets d'humeur depuis la chaise de son bureau, pourtant laisser pourrir et mourir ce projet est la seule solution, je t'assure. Avec un chef caractériel, je suis devenu allumeur de billets de banque - comment je suis devenu pyromane...
Tout va mal : mon commercial est prêt à mentir et à faire semblant, mais il veux poursuivre ma mission et gagner un peu d'argent encore. Encore un peu... Barcelone s'éloigne, je n'aurais de cours d'espagnol qu'à cette condition qu'il gagne plus d'argent.
On vit une époque formidable. D'après un sondage, les mots qui résument le mieux notre époque sont très positifs dans l'ensemble : chomage, pessimisme. Mon sentiment est donc assez normal, mais pourtant je continue à croire que le destin me gâte. A midi, collègues solidaires, nous nous rabougrissons ensemble et des conversations tournent autour de la préservation de notre pouvoir d'achat et de la défense de notre temps de "loisir" : Combien coûte un sandwitch et surtout, n'oublions pas de pointer...
Vive la vie quoi !...
Merde, encore un Lundi. Heureusement qu'il y a les femmes...
05 septembre 2005
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