28 avril 2006

Grand frais

Le vent venait de l'Est et l'océan se réveillait, sur le pont, on commençait à respirer. Les iodes avaient dispersé les brumes et l'heure de l'affrontement approchait. Le capitaine grognait ses ordres à droite à gauche, preneit des airs inquiet et préoccupé pour montrer à ses hommes le sérieux de la situation, en réalité il attendait plus la confrontation qu'il n'avait de soucis pour nous. Certains finiraient malades à se vider dans leur cabine et passeront leur nuit dans l'odeur du vomis, privés de cette griserie, sans voir ni la blanche écume, ni le ciel noir. Pourtant sur le pont chacun riait encore. On dit : après la pluie le beau temps et pour les marins, il n'y a pas meilleure manière d'aborder les mers d'huile qu'avec un féroce appétit.
Suivant le principe d'Archimède, les bateaux flottent parce qu'ils déplacent un volume d'eau dont la masse est supérieure à la leur. Plus simplement, on survit sur les océans parce qu'ils on a des poumons. Les dégongflés n'ont pas leur place au dessus des vagues.
Cramponné au bastinguage, j'attendais cette vague de vérité qui me détremperait jusqu'aux os. J'étais là, agrippé au gouvernail : qu'elle me tue ou que je reste sur le pont, c'était juste une affaire de poumons, alors je respirais fortement et à mesure que je me faisais guerrier, j'avais plus de force. On dit que la peur appelle la peur, mais l'inverse est aussi vrai.

A ce moment sans doute, si j'avais été socialiste, j'aurais sans doute desserré les doigts et je me serais laissé emmener par les flots. Rendez-vous compte que la vie est belle puisque les forts survivent parce qu'ils se "croient" forts et les faibles disparaissent parce qu'il se "croient" faibles. Une histoire de poumons vous dis-je... finalement la justice s'excuse devant ceux qui croient.

19 avril 2006

Le pouvoir des mots

En quelque sorte, je me suis mis au pied du mur en publiant ces trois textes à la suite. Et je sens le devoir de les légender. Car ce n'est pas cohérent de succéder pareille haine à pareil amour et vice versa ; même en cherchant une explication du coté de la veine pathétique, la rupture demeure incompréhensible.

Écrit sans soucis de coller à la réalité, en un battement de cils, j'ai été sadique puis transi. Et je crois que c'est réussi car il m'est difficile de ne pas me croire. Ici, le langage, un principe simple, un ressort terrible : changez un sujet, changez un complément et vous ne croirez plus mes yeux.
Je rentrais innocent dans le métro avec mon cahier sous le bras, et je ressortais exalté, gonflé comme un arsenal. J'avais trouvé des mots à vous faire pleurer : plus méchants qu'un génie du mal et plus tendre qu'aucun soupirant. Il avait suffit de les écrire pour qu'ils prennent pied dans le réel. La masse imbécile suivait mes mesonges et regardait émerveillée mes arabesques cryptique, entendait le tonnerre qui gronde ou bien la carresse de la pluie, ce que je voulais ! Même mon arrogance, je pourrais l'envoyer au vent et devenir une victime docile. Car enfin, je prenais conscience du pouvoir des mots, de la conséquence de leurs inconséquences. Quand on réfléchit c'est un système beaucoup plus énorme car on n'écrit pas autrement les histoires qu'avec des mots.
Tu te reconnaitra sûrement toi qui m'a dit : "- Tu ne sera pas heureux ici tant que tu ne l'aura pas décidé".

Lao Tseu à l'occasion n'aurait pas dit mieux. Alors soit ! Je ne serais pas heureux ici, mais je préfère garder ma liberté de dessiner l'enfer sur les murs de Barcelone et quand l'envie m'en prends peindre les Espagnols comme des nains biscornus des fumées maléfiques.
Tout ceci ne tient qu'à moi, je dirais même que tout tient dans la pointe de mon crayon. Apparement celui ci veut aimer d'autres soleils.

15 avril 2006

Les Noces Blanches

J'ai eu quelques nuits à passer dans ton lit. Sous ton onde profonde, près de ta lune patiente, j'ai mis tes seins au firmament du monde et servi mon encre à ta cause gironde. Mes errances ont finies, ma course s'est assagie, le temps que j'avais près de mes mains la courbe de tes reins. J'avais milles incendies, comme autant de démentis au autres flammes qui n'ont jamais existées. Chevillé à ton corps les racines me poussaient affolées comme en plus tendre pluie. Seul l'Amour comme un sang trop fort montait ses sèves de tes plaines printanières.
Aucune géométrie ne décrira jamais l'emboitement parfait de nos corps gémélaires et je me contentrai de vivre ce mystère sans connaître aucune autre terre.

Bouche bée

Quand je revenais sur ton ventre je m'y allongeais tendrement et n'écoutais que ce seul monde, enfin innocent, je ne confessais aucun crime étranger et je me répandais oublieux des mes faiblesses, sans culpabilité ni honte de ma race.
Je ne trouvai aucun mot, chacun pénible fondaient dans ton absolue chaleur et je me baignais dans ta musique abruti, amoureux.
Sur tes terres tendres, je goutais tes sels délicats, la fin de l'ombre et des radicalité inutiles. La folie des villes a été déjouée par tes merveilles secrètes et je jouais dans ta gravité fragile. Je jettais des verbes noueux à crépiter dans l'âtre des âges et me chauffais à ta douceur. Ma rage s'est échouée sur tes terres et les horreurs irrésolues mourraient en rangs serrés sur tes champs glorieux.

Je ne pleurais ni les morts, ni les innocents. Simplement, je t'aimais.

Noces de carton

Vieille pute...
Je t'aime quand tu crève et quand tu t'étouffes dans tes cendres. Tu mériterais mon oubli éternel mais je t'accorde ma haine ordinaire. Dans le reflet de ton regard, j'ai vu mon malheur immense et sur ton ventre, comme d'autres avant, j'éteins mon mégot. Sans fureur, avec lenteur, je t'éventre avec la discipline des inquisiteurs. Je colmate tes poisons et j'invite les invasions parasites pour que tu succombe dans la morve et le goudron.
Tu as fait de moi un psycopathe épatant, j'attenderai que tu t'écharne et je veillerais ton agonie jusqu'à ce que tes fières gorges blanches aient vidée tous leurs sangs noirs.