Il m'est assez difficile de savoir ce qui m'a attiré chez David. Etait-ce son humour, son orgueil de coq ou bien sa méchanceté si pointue qu'elle faisait toujours mouche sur moi ? Je ne le sais pas. On a jamais le masochisme suffisant connaitre ce qui nous fait tomber amoureux mais je suis convaincue que mes faiblesses sont ce qui m'on attaché David le plus solidement. Face à l'amour, j'ai décrété que j'étais désarmée. A ma décharge, j'ai toujours aimé me noyer dans des mièvreries, je m'y adonne comme à une drogue. Comme un bateau ivre, je vis au fil de l'eau, je n'ai pas de grande idées, pas de cap à tenir, j'ai juste à assumer mon destin sans en connaitre le dessein, et je m'y conforme ; c'est mon amour, il vacille dans la tempête, je le chéri lorsqu'il il a froid et je prie pour la flamme lorqu'elle menace de s'éteindre. Je suis mijaurée, c'est ainsi, l'amour est mon aliment essentiel et sans lui je mourrerai d'ennui. Je suis ce genre de demoiselle désespérement classique qui avait des posters d'acteurs célèbres dans sa chambre et qui ne peut plus s'arrêter d'adorer adulte même quand ces idylles se sont concrétisées en de fabuleux péteur au lit. C'est ma nature, si j'étais seule, je serais inutile.
Probablement, mon penchant sentimal explique que je n'ai rien oublié du jour où j'ai connu David. Lui a tout oublié. Je reconnais que c'était un soir parfaitement ordinaire et une drague tout à fait classique, mais tout de même ! Quand je lui en fit le reproche, il me rappela que c'était un homme du futur et non pas du passé. C'était une fête chez un de ses amis baba cool que nous connaissons toujours : Michel. Je me souviens des couleurs surtout, il avait réquisitionné la maison de son père, qui était une jolie maison dans le centre ville. A cette époque, Michel avait encore tous ses cheveux mais il était déjà indolent. L'organisation de la fête avait consisté à couper trois rondelles de saucissons, ouvrir autant de paquets de chips et acheter quelques bouteilles avant de rameuter les copains : au moins on ne s'en faisait pas. Les années n'ont pas tellement changé Michel depuis, et s'il avait une maison probablement qu'il procéderait toujours ainsi, de mon coté je suis maintenant devenue incapable de tant de frugalité. C'est drôle comme le temps passant, les oeufs d'une même couvée finisse par ne plus se paraitre du tout.
A cette époque je buvais beaucoup, non par goût, mais parce que c'était à la mode. Comme j'avais une constitution impropre à distiller l'alcool, cela me permettait de sombrer vite lors des soirées, je les traversait dans une sorte de demi-conscience heureuse, cela me permettait de rire beaucoup et d'assister à ces fêtes presque comme à un spectacle. David était un beau garçon, il respirait l'assurance et semblait savoir à quoi il emploierait sa vie et cela m'a immédiatement séduite, moi je n'ai jamais vraiment eu les idées très claires sur ce à quoi je devais employer ma vie, j'aimais l'art, la littératures et ce genre de passions innocentes et décoratives, mais lui semblait furieux et pressé d'arriver. Il m'a dragué de manière très conventionnelle : gauche et légèrement ivre comme un vrai débutant, il me flattait, me plaignait, un verre dans sa main gauche, il avait déjà ce don inné de la disserte et distribuait ses théories chaque fois que l'occasion se présentait, il défendait la veuve et l'orphelin. Je dois avouer qu'il avait l'air tout à fait brillant au milieu de ses "potes" lorsqu'il se lançait dans ses longues tirades, ça m'épatait. De plus, il m'a semblé posséder une certaine culture et j'y étais sensible : élégant, il était parfait pour ranger dans mon herbier, un brin macho, il avait ce coté cow-boy idéal pour mettre sous mon oreiller. Je ne peux pas prétendre qu'il ai eu "coup de foudre" mais au final ce n'est pas ce qui compte car sa manie de remplir les blancs me rendait heureuse, me comblait - est le mot exact. Ce soir là, il avait envie de moi et il m'a prété son oreille attentive et compréhensive comme jamais depuis. Quand j'ai commencé à lui parler, je me suis retrouvée aspirée et j'avais perdu le contrôle en lui racontant tous mes minuscules doutes, il trouvais toujours une réponse et c'était si bon : je ne savais plus m'arrêter, comme si j'avais enfin trouvé un véritable ami, en fait on a parlé jusqu'à très tard, on ne voulait pas se quitter, on ne voulait pas s'embrasser non plus, ça semblait presque superflux. Lorsqu'il m'a embrassé, je me suis sentie conquérante, une sensation que j'ai rarement.
De fait, je crois qu'il était fier de moi, il m'emmenait un peu partout, me présentant à ses amis qu'il avait nombreux. Ma vie paisible se transformait en un kaléïdoscope, de nouvelles têtes défilaient et j'étais choyée par le flot des palabres de David et c'était délicieux comme dans un rêve. Et je me souviens que ces changements ne me parurent pas très réels. Lors de nos escapades sociales, je me taisais la plupart du temps et n'avais pas de soucis à me faire pour ma présentation, je suivais. Le jour, il me considérait comme une perturbation à ses multiples activités, mais je m'effaçais avec bonheur, ses multiples inventions et tentatives me paraissaient pleine d'intelligence vitale à moi qui avait le don de me satifaire de trop peu. Pour dire la vérité, je ne recevait d'audience que dans le lit, alors il m'écoutait vraiment et me prenait sous son aile protectrice pour faire ce qu'il appelerait maintenant son "coaching". Il poussait même son soucis de moi jusqu'à me conseiller dans le choix de mes vêtements, ce que j'adorais particulièrement. Je retournerait bien maintenant à cette époque bénie où nous étions étudiants, passant nos week end à droite à gauche, traversant la France, rencontrant le monde. Les choses on progressivement changé à partir du moment où nous avons commencé à travailler. Mais, je n'ai pas bien compris comment et surtout pourquoi nous somme parvenu à retourner complètement la situation. La vie est un mystère.
Presque huit ans qu'on se connait, il n'y a plus de points communs entre le David étudiant d'autrefois et celui avec qui je vis maintenant, assurément, ce sont deux êtres différents. Nos rôles se sont inversés et je sais maintenant mieux que lui ce que je souhaite. Selon toute vraissemblance, mon mari est devenu fou et ne m'aime plus du tout, il ne me hait pas non plus d'ailleurs. Ce n'est qu'un homme, une fois qu'il a vu mille fois mon cul : il ne l'aime plus. C'est injuste. Je ne parviens pas à lui en vouloir ni n'envisage de le quitter. Je suis de ces sottes qui préfèrent tenir le coeur d'un infidèle que de s'ennuyer vraiment : mon mari est las et fatigué, stressé, plus bon à rien. Mais je l'aime. Je suis une mijaurée.
28 septembre 2006
25 septembre 2006
24 septembre 2006
21 septembre 2006
John Flugu International Guitar Show
Pour ceux qui ne connaissent pas le John Flugu International Guitar Show. Je vous le présente !
Une Exclu John Flugu
Une Exclu John Flugu
Poison Clown
A la longue, on se lasse, à force de courir, on finit par se fatiguer. Jusque là, tout semble parfaitement normal. Cependant un parfum équivoque flotte lorsque les régleurs de réveils sont saouls, ils préparent leur retraite. Ils baillent en sèmant des virgules comme si un rêve pouvait pousser à chaque fin de ligne ; avec une précaution qu'il imaginent digne, ils posent leurs pensées distinguées et équilibrées. Dans la dialectique humaine, l'équilibre est le bien précieux de ceux qui ne sombrent pas. L'assise de l'abîme est assez confortable voire indévissable, mais les comptables et les hommes sages ont renoncé à ces gravités noires et leur préfèrent le roulis des vies de bouchons, à la dérive sur des flots totalement indomptables : Vivre entre ciel et mer est le seul credo. En vérité, au bout du rouleau, l'écume des jours couve toujours un délire, même quand notre philosophe saupoudre le ciel de ponctuations, même quand depuis sa chaise longue le fonctionnaire observe se ses pieds en se félicitant du déroulement du programme : 3, 4... respirer, dormir, jouir. Il reste un fou, un maniaque obsédé très près d'égorger le clampin qui disjoncterait son modeste trintrin.
Ah ! Faste couette et paf le réveil lorsqe j'ai sommeil ! Voulez vous, s'il vous plait, m'apporter un café au lait. Le pire est que le manque de muscles et que mon intelligence ne me permet pas de stopper cette histoire, toujours la même, en ritournelle. Sony veille et assassine mes nuits, il affiche sept heures et quart. Qu'on ammène les brancarts, qu'on me traîne en flemmard, qu'on m'emmène dans un fauteuil à roulette et qu'on enchaine ma chienne de vie devant un écran vingt et un pouces ! Pensez, je suis privilégié. J'aimerais que la machine se déglingue, où c'est que j'ai mis mon flingue ? Et si je n'ai pas ce bsoing, que la femme à coté soit une autre, juste pour rigoler : ses seins sont usés, recyclez les, j'en veux des neufs, des pas stressés. J'aimerais bien voir d'autres couleurs, des paysages transformés. J'aimerais d'autres moulins et d'autres géants. Et si vous me les refusez, donnez moi au moins des malheurs minuscules pour justifier mes angoisses à minuit. Ma vie de fourmi est indifférente à Dieu, parfois elle l'est à moi-même, je grouille ma biomasse, largué avant d'être recyclé, je passe à la machine : tu es poussière et tu retourneras poussière. Jusque là, rien de neuf, qu'un refrain obsédé. "Dis mon cheri tu m'aime ?" - "Mais bien sûr que je t'aime" - Absurdes Amours, Absurdes vexations, Absurdes possessions. Absurde, absurde, absurde ! Selon l'évangile, le sens est la perpétration, des foules de fantômes vous exortent de ne pas abandonner, de ne pas disjoindre votre ontologie de vos peurs.
Sinon, rien n'existerait plus.
Ah ! Faste couette et paf le réveil lorsqe j'ai sommeil ! Voulez vous, s'il vous plait, m'apporter un café au lait. Le pire est que le manque de muscles et que mon intelligence ne me permet pas de stopper cette histoire, toujours la même, en ritournelle. Sony veille et assassine mes nuits, il affiche sept heures et quart. Qu'on ammène les brancarts, qu'on me traîne en flemmard, qu'on m'emmène dans un fauteuil à roulette et qu'on enchaine ma chienne de vie devant un écran vingt et un pouces ! Pensez, je suis privilégié. J'aimerais que la machine se déglingue, où c'est que j'ai mis mon flingue ? Et si je n'ai pas ce bsoing, que la femme à coté soit une autre, juste pour rigoler : ses seins sont usés, recyclez les, j'en veux des neufs, des pas stressés. J'aimerais bien voir d'autres couleurs, des paysages transformés. J'aimerais d'autres moulins et d'autres géants. Et si vous me les refusez, donnez moi au moins des malheurs minuscules pour justifier mes angoisses à minuit. Ma vie de fourmi est indifférente à Dieu, parfois elle l'est à moi-même, je grouille ma biomasse, largué avant d'être recyclé, je passe à la machine : tu es poussière et tu retourneras poussière. Jusque là, rien de neuf, qu'un refrain obsédé. "Dis mon cheri tu m'aime ?" - "Mais bien sûr que je t'aime" - Absurdes Amours, Absurdes vexations, Absurdes possessions. Absurde, absurde, absurde ! Selon l'évangile, le sens est la perpétration, des foules de fantômes vous exortent de ne pas abandonner, de ne pas disjoindre votre ontologie de vos peurs.
Sinon, rien n'existerait plus.
19 septembre 2006
17 septembre 2006
Solitude des rois
Qui n'a jamais dormi dans la rue ne peut pas connaitre le bonheur des choses simples. En effet, le salarié moyen est un être passé à l'eau de javel, fade, il est incapable de jouir vraiment du fruit de son travail et de souffrir pour de bonnes raisons. Il s'afflige lorsqu'on lui fait perdre son temps mais il ne sait pas au juste pourquoi il réclame du temps. Et quoi ? Il veut rentrer chez lui et être tranquille pour ne plus avoir de compte à rendre, c'est sa définition de la liberté. Il n'atteint l'extase lorsqu'il dépense son argent compulsivement, malheureusement, il n'existe guère d'autre vocation à son argent que de lui permettre d'acheter. Il remplit sa maison d'halogènes et de meuble design. Quand il ne possède plus d'espace, il doit se résoudre à d'autres horizons, comme d'acheter des peintures pour mettre sur ses murs, ou bien aller jouer au squash. Bien sûr : Il voyage pour oublier, disant qu'il s'ouvre l'esprit, possède parfois des chaînes satellites pour consommer tout ce qui est utile au gens de sa classe sociale, il a des théories politiques, ce qui lui tient lieu de philosophie. Cependant, la candeur de ses malédictions et l'innocence de ses passions lui signale cruellement son manque de génie. Sans invention, il est sans vermine, ni imagination, sans largesses, ni ignominie. Il vit au milieu de tout cela, désépérement middle class. Ce n'est qu'après un savant calcul, en pointant ses relevés mensuels, qu'il détermine l'étendue des possibles. Il prépare ses lendemains lanscinants. Il vit en manque de peur et s'invente l'insécurité de sa personne et de ses bien. C'est l'enjeu : pour que vieillir ait un sens.
Nul besoin d'aller chercher aussi loin pour être heureux. Parlons par exemple des chiottes ; la masse clinique devrait cesser de grimacer lorsqu'elle voit le caca car -- l'ignore-t-elle ? -- il fait chaud dans les toilettes, en outre c'est le lieu premier de la création. Au lieu de bouder cette chaleur évidente, nous ferions bien de réhabiliter ces retraites heureuses à leur rangs. L'amour affiché en 4x3 des valentins au téléphone portable, l'orgueil des familles assurés tout risques ne sont rien quand l'estomac crit famine ou quand il fait froid ou ... quand on a vraiment envie de chier. Je vous prie, quittez ces moues écoeurrées devant ces culs mal torchés, car leur production est l'essence même de la vie : une invasion barbare. L'art est d'abord une chose anale. -- notez que c'est très Freudien, on pourrait même distraire des mémères à chienschiens avec ce genre de balivernes, pour peut qu'on sâche citer Lacan.
Après un soir dehors, notre héros n'est plus un salarié ordinaire.
Lorque David se félicite dans trois mètres carrés en disant : "Ici tout n'est que luxe calme et volupté", il ne simule pas, il est seul entre quatre murs carrelés et personne ne l'observe, mais il a chaud, il se baigne dans de joyeuses pensées et embaume ce lieu d'une fermentation de son cru. David se rappelle avec bonheur de ses premières émotions du pot. Comme au bon vieux temps où sans savoir penser il affirmais déjà : "Je chie donc je suis". Il exulte donc tout à fait lors de sa libération fécale. La vie ordinaire de David Ménard explose et il revient triomphant au temple des métamorphoses poser un caca souple comme une virgule, il injecte un boudin admirable dans les tuyaux de Mégalopolis comme au temps du journal de Mickey quand les révolutions étaient faciles.
Il trônait dans son repaire et se riait. Finalement, il était parvenu à s'engueuler avec sa femme. De par sa composition déséspérement arrangeante, cela relevait d'un véritable exploit. Ce soir, son triomphe serait parfait si elle lui servait sa soupe comme un geolier. Hélas ! Probablement, elle ne lui cuisinera rien en pensant que sa vengeance sera plus complète ainsi. Elle tout a fait raison mais c'est beaucoup plus trise. En fait, on ne sait même plus s'engueuler. Merde. Tout fout le camp !
Non, les vies qui tournent comme les aiguille des horloges ne valent rien.
Nul besoin d'aller chercher aussi loin pour être heureux. Parlons par exemple des chiottes ; la masse clinique devrait cesser de grimacer lorsqu'elle voit le caca car -- l'ignore-t-elle ? -- il fait chaud dans les toilettes, en outre c'est le lieu premier de la création. Au lieu de bouder cette chaleur évidente, nous ferions bien de réhabiliter ces retraites heureuses à leur rangs. L'amour affiché en 4x3 des valentins au téléphone portable, l'orgueil des familles assurés tout risques ne sont rien quand l'estomac crit famine ou quand il fait froid ou ... quand on a vraiment envie de chier. Je vous prie, quittez ces moues écoeurrées devant ces culs mal torchés, car leur production est l'essence même de la vie : une invasion barbare. L'art est d'abord une chose anale. -- notez que c'est très Freudien, on pourrait même distraire des mémères à chienschiens avec ce genre de balivernes, pour peut qu'on sâche citer Lacan.
Après un soir dehors, notre héros n'est plus un salarié ordinaire.
Lorque David se félicite dans trois mètres carrés en disant : "Ici tout n'est que luxe calme et volupté", il ne simule pas, il est seul entre quatre murs carrelés et personne ne l'observe, mais il a chaud, il se baigne dans de joyeuses pensées et embaume ce lieu d'une fermentation de son cru. David se rappelle avec bonheur de ses premières émotions du pot. Comme au bon vieux temps où sans savoir penser il affirmais déjà : "Je chie donc je suis". Il exulte donc tout à fait lors de sa libération fécale. La vie ordinaire de David Ménard explose et il revient triomphant au temple des métamorphoses poser un caca souple comme une virgule, il injecte un boudin admirable dans les tuyaux de Mégalopolis comme au temps du journal de Mickey quand les révolutions étaient faciles.
Il trônait dans son repaire et se riait. Finalement, il était parvenu à s'engueuler avec sa femme. De par sa composition déséspérement arrangeante, cela relevait d'un véritable exploit. Ce soir, son triomphe serait parfait si elle lui servait sa soupe comme un geolier. Hélas ! Probablement, elle ne lui cuisinera rien en pensant que sa vengeance sera plus complète ainsi. Elle tout a fait raison mais c'est beaucoup plus trise. En fait, on ne sait même plus s'engueuler. Merde. Tout fout le camp !
Non, les vies qui tournent comme les aiguille des horloges ne valent rien.
11 septembre 2006
Passons au salon...
David quitta rapidement son travail car il était fatigué, son costume était un peu abimé. C'était surtout sa cravate avec une tâche de vin qui lui posait problème. Il la dissimula comme il pu toute la journée. Cette journée, malgré son état de conscience relativement faible, autour de la machine à café, il lui semblait que les histoires étaient assez drôles.
Sur le chemin du retour et par curiosité seulement, il fit un crochet pour voir si son ami du bord de la Seine était toujours en faction à surveiller les poissons et à se saoûler en perfusion. Effectivement, Gérard, était là, le cul toujours vissé au même endroit. David acheta deux bières et partit la partager avec son ami, il parlèrent un petit moment calmement, traitèrent de philosophie mais également de rien du tout. Finalement, puisque ses frasques avaient assez duré mais également parce que sa cravate était tachée, il rentrait chez lui.
Nathalie avait un eu problème quand elle regardait la télé : elle avait renversé son café sur le canapé. Elle courut donc à la cuisine pour humecter un chiffon et sauver son sofa tant qu'il était temps. C'est à ce moment là qu'elle entendit le bruit d'une clé tourner dans la serrure. David arrivait. Mieux valait tard que jamais, même si cette fois c'était un peu fort de café. Mentalement, elle s'encourageait afin de ne pas se laisser faire comme à son habitude. "David est le genre à ne jamais reconnaître ses torts et ce type finit par vous embrouiller et vous réduire à rien." Il ne fallait pas espérer qu'il la joue piano, particulièrement lorsque sa cause est indéfendable, le David Ménard à la barre est toujours radical et indomptable,Karamazovien est le mot. Mais elle l'attendait de pied ferme.
- Ah bah c'est pas trop tôt ! En guise de bienvenue, elle lui épargnait seulement le rouleau à patisserie.
David posait son manteau sur le porte manteau, sans empressement, ni coupable, ni honteux : flegmatique.
- Oui, je sais, ces situations dérivées du réel sont parfois lassantes.
- Pardon ?
- Je dis qu'on s'ennuie ici !
- Ah bon ! mais je crois pas que ce soit la question...
- Oui
- Ne retourne pas la situation !
- Je suis déjà renversé, peut être qu'en retournant encore une fois la situation je retomberai sur mes pieds
- C'est quoi ton cinéma ?
- Y a pas de cinéma, j'me fais chier, j'peux pas dire mieux. Une vie de merde, une boulot de merde... Je sèche le plumard et j'attends une houspillante comme un gosse qu'a pas été à l'école. Qu'est ce que tu veux que je te dise Nathalie ? J'me fais chier : Je.me.fait.chier ! Encore un fois je peux pas te dire mieux. Nan, mais regarde, regarde bien notre vie de merde, parce que j'en ai raz-le-cul. J'me pointe au boulot, j'mets des jolis costards, j'prends des airs sérieux parce qu'il faut bien. J'me fais de copains près d'la machine à café et je parle de foot... Oui, madame je grabuge...
- Ca veut rien dre grabuge
- Tu m'as compris, je buche et tout ça pour me payer "des vins fins" que je me siffle le petit doigt en l'air, le dimanche, entre amis avec l'air de m'y connaître. Et là, toi, j'te sens à deux doigts d'me piquer une crise du genre... Bouh, bouh... Notre couple est menacé... Et ça c'est pour simplifier. Je ne saurait pas expliquer ta façon de tourner les choses.
Mais tu sais quoi ? J'en ai rien à foutre de notre couple de merde, t'te façon, ça nous mène nulle part... Oups... si pardon, ça nous en emmène probablement à IKEA le week-end et en sur les plages d'Espagne pendant les vacances... Tu m'excuses que je m'extasie... Et puis si on est sage, on aura une maison et des gamins, waaa, l'éclate ! Les Ducons ont encore frappé, ils ont fait une vie encore plus inintéressante que les autres ! Avec de l'amour et de l'eau de rose, jamais un soir ils n'oublièrent de se brosser les dents. Excuse-moi si je kiffe pas... Merde, tu fais chier Nathalie...
- Mais tu n'as pas eu de promotion n'est-ce pas ? Tu me mens...
- Oh mais si ! C'est même encore mieux ! Hier, j'voulais démissioner mais Jean-Mi m'a accueillit avec un sourire de dentiste, il m'a dit : Félicitation tu grimpes, et il m'a promus chef de service, la classe... et pour fêter ça je me suis bourré la gueule avec un clodo sur le bord de la Seine.
- Tu te fous de ma gueule, hein ?
- Nathalie ? Qu'est ce qui t'arrive ? Tu dis des gros mots maintenant ?
- Espèce de con
- Fiuuuu...
- Tu m'as trompé c'est ça ?
- Alors là, je suis déçu, mais alors déçu que tu cherches à ramener tout ça à nos misérables histoires de cul. Non. Ca n'a rien à voir avec une autre femme. Déjà toi seule tu me prends la tête. Alors deux ? T'imagines ! Je passerais ma vie à me justifier : pourquoi le sel plus que le poivre ? Pourquoi la mer ou la montagne ? Pourquoi le papier peint de cette couleur ? Je ne vivrais plus, ma chérie tu es à milles lieues.
- Nos misérables histoires de culs ? Mais je rêve où tu as l'intention d'être désagréable en plus d'avoir tort, vraiment ! Mais j'ai pigé ton manège, continue de faire ton macho... t'ira loin !
...
- Ping !
- Pong !
- Ping !!
- Pong ?
...
- Ouais c'est ça va prendre ta douche... !
Les tactiques des revues de psychologie peinent à s'appliquer dans la vie concrète, aucun chantage émotionnel ne semblait fonctionner face à cet authentique fou. Il fallait donc se faire à cette triste idée comme un commandement :
"Jamais les courses à IKEA tu ne feras ou bien tu te débrouillera toute seule avec les chariots". ; puisque c'était une idée fixe du Ménard.
Pour elle, c'était un véritable sacerdoce, elle aurait pu l'afficher en lettres d'Or dans les chiottes, à coté du brumisateur à odeur de Lavande. Mais elle devra se taire quand ses copines allumeront leur yeux pour parler de leur "nouvelle" lampe achetée samedi dernier. Enfin... Dans le fond David était assez drôle et elle devait reconnaître également que sa condition de femme méprisée aurait pu être pire. Il y a peut-être du bonheur à vivre avec les tyrans : Ca permet de s'économiser la pensée. A ses cotés quelqu'un avait un avis sur tout. Et puis il était assez facile d'éponger les colères de David, c'était un peu comme de ramasser les épinards de bébé lorqu'il fait sa crise et crache tout ce qu'il peut. Alors, sur des considérations empiriques, elle pouvait affirmer que la nature était quand même bien faite, puisque l'instinct maternel : elle l'avait.
Sur le chemin du retour et par curiosité seulement, il fit un crochet pour voir si son ami du bord de la Seine était toujours en faction à surveiller les poissons et à se saoûler en perfusion. Effectivement, Gérard, était là, le cul toujours vissé au même endroit. David acheta deux bières et partit la partager avec son ami, il parlèrent un petit moment calmement, traitèrent de philosophie mais également de rien du tout. Finalement, puisque ses frasques avaient assez duré mais également parce que sa cravate était tachée, il rentrait chez lui.
Nathalie avait un eu problème quand elle regardait la télé : elle avait renversé son café sur le canapé. Elle courut donc à la cuisine pour humecter un chiffon et sauver son sofa tant qu'il était temps. C'est à ce moment là qu'elle entendit le bruit d'une clé tourner dans la serrure. David arrivait. Mieux valait tard que jamais, même si cette fois c'était un peu fort de café. Mentalement, elle s'encourageait afin de ne pas se laisser faire comme à son habitude. "David est le genre à ne jamais reconnaître ses torts et ce type finit par vous embrouiller et vous réduire à rien." Il ne fallait pas espérer qu'il la joue piano, particulièrement lorsque sa cause est indéfendable, le David Ménard à la barre est toujours radical et indomptable,Karamazovien est le mot. Mais elle l'attendait de pied ferme.
- Ah bah c'est pas trop tôt ! En guise de bienvenue, elle lui épargnait seulement le rouleau à patisserie.
David posait son manteau sur le porte manteau, sans empressement, ni coupable, ni honteux : flegmatique.
- Oui, je sais, ces situations dérivées du réel sont parfois lassantes.
- Pardon ?
- Je dis qu'on s'ennuie ici !
- Ah bon ! mais je crois pas que ce soit la question...
- Oui
- Ne retourne pas la situation !
- Je suis déjà renversé, peut être qu'en retournant encore une fois la situation je retomberai sur mes pieds
- C'est quoi ton cinéma ?
- Y a pas de cinéma, j'me fais chier, j'peux pas dire mieux. Une vie de merde, une boulot de merde... Je sèche le plumard et j'attends une houspillante comme un gosse qu'a pas été à l'école. Qu'est ce que tu veux que je te dise Nathalie ? J'me fais chier : Je.me.fait.chier ! Encore un fois je peux pas te dire mieux. Nan, mais regarde, regarde bien notre vie de merde, parce que j'en ai raz-le-cul. J'me pointe au boulot, j'mets des jolis costards, j'prends des airs sérieux parce qu'il faut bien. J'me fais de copains près d'la machine à café et je parle de foot... Oui, madame je grabuge...
- Ca veut rien dre grabuge
- Tu m'as compris, je buche et tout ça pour me payer "des vins fins" que je me siffle le petit doigt en l'air, le dimanche, entre amis avec l'air de m'y connaître. Et là, toi, j'te sens à deux doigts d'me piquer une crise du genre... Bouh, bouh... Notre couple est menacé... Et ça c'est pour simplifier. Je ne saurait pas expliquer ta façon de tourner les choses.
Mais tu sais quoi ? J'en ai rien à foutre de notre couple de merde, t'te façon, ça nous mène nulle part... Oups... si pardon, ça nous en emmène probablement à IKEA le week-end et en sur les plages d'Espagne pendant les vacances... Tu m'excuses que je m'extasie... Et puis si on est sage, on aura une maison et des gamins, waaa, l'éclate ! Les Ducons ont encore frappé, ils ont fait une vie encore plus inintéressante que les autres ! Avec de l'amour et de l'eau de rose, jamais un soir ils n'oublièrent de se brosser les dents. Excuse-moi si je kiffe pas... Merde, tu fais chier Nathalie...
- Mais tu n'as pas eu de promotion n'est-ce pas ? Tu me mens...
- Oh mais si ! C'est même encore mieux ! Hier, j'voulais démissioner mais Jean-Mi m'a accueillit avec un sourire de dentiste, il m'a dit : Félicitation tu grimpes, et il m'a promus chef de service, la classe... et pour fêter ça je me suis bourré la gueule avec un clodo sur le bord de la Seine.
- Tu te fous de ma gueule, hein ?
- Nathalie ? Qu'est ce qui t'arrive ? Tu dis des gros mots maintenant ?
- Espèce de con
- Fiuuuu...
- Tu m'as trompé c'est ça ?
- Alors là, je suis déçu, mais alors déçu que tu cherches à ramener tout ça à nos misérables histoires de cul. Non. Ca n'a rien à voir avec une autre femme. Déjà toi seule tu me prends la tête. Alors deux ? T'imagines ! Je passerais ma vie à me justifier : pourquoi le sel plus que le poivre ? Pourquoi la mer ou la montagne ? Pourquoi le papier peint de cette couleur ? Je ne vivrais plus, ma chérie tu es à milles lieues.
- Nos misérables histoires de culs ? Mais je rêve où tu as l'intention d'être désagréable en plus d'avoir tort, vraiment ! Mais j'ai pigé ton manège, continue de faire ton macho... t'ira loin !
...
- Ping !
- Pong !
- Ping !!
- Pong ?
...
- Ouais c'est ça va prendre ta douche... !
Les tactiques des revues de psychologie peinent à s'appliquer dans la vie concrète, aucun chantage émotionnel ne semblait fonctionner face à cet authentique fou. Il fallait donc se faire à cette triste idée comme un commandement :
"Jamais les courses à IKEA tu ne feras ou bien tu te débrouillera toute seule avec les chariots". ; puisque c'était une idée fixe du Ménard.
Pour elle, c'était un véritable sacerdoce, elle aurait pu l'afficher en lettres d'Or dans les chiottes, à coté du brumisateur à odeur de Lavande. Mais elle devra se taire quand ses copines allumeront leur yeux pour parler de leur "nouvelle" lampe achetée samedi dernier. Enfin... Dans le fond David était assez drôle et elle devait reconnaître également que sa condition de femme méprisée aurait pu être pire. Il y a peut-être du bonheur à vivre avec les tyrans : Ca permet de s'économiser la pensée. A ses cotés quelqu'un avait un avis sur tout. Et puis il était assez facile d'éponger les colères de David, c'était un peu comme de ramasser les épinards de bébé lorqu'il fait sa crise et crache tout ce qu'il peut. Alors, sur des considérations empiriques, elle pouvait affirmer que la nature était quand même bien faite, puisque l'instinct maternel : elle l'avait.
09 septembre 2006
Vagabond
Péniblement, David ouvrit les yeux, il avait le corps roide et son dos était comme incrusté des pierres du pavé. Une couverture rabibochée lui couvrait les épaules mais ne lui couvrait pas les pieds ; un bout de bâche en plastique lui couvrait les pieds mais ne lui couvrait pas l'épaule. Il avait froid et ses os souffraient la martyr, mais désormais, il avait la peau dure, Gucci ne tient pas chaud.
En perspective au ras du sol, la Seine charriait ses humeurs usées : De la merde, du vomis et du sang mélangés ensemble. Les flots portaient les restes du festin de la veille, on lisait sur les flots ce que Paris s'était mis dans les veines pour oublier sa réalité. Le jour se levait et semblait indiquer qu'on était aux alentours de cinq heures, on ne voyait pas encore clair et la lumière avait le cafard, David avait mal au crâne. Peu importait, nous étions le premier jour de l'apocalypse.
La ville crachait son matin, se raclait la gorges, elle toussait les bitumes de sa débauche après s'être envoyée en l'air. Elle avait ri aux démons de minuit et maintenant elle retombait morne dans l'aube, laide et ébouriffée, la midinette ! Elle était soûle et avait l'oeil vitreux. Dans la rue, ça respirait l'enfer : On s'agitait autour de gros camions qui vociféraient des ordures, on déchargeait la cames. Des chauffards contraints à des feux rouges concentraient leur haine derrière les pare-brises et leurs mains serraient le volant, ils rêvaient à des prairies immenses où poussent les feux verts et où l'on peut rouler sans fin sur des pistes droites.
David n'avait pas la moindre idée du temps pendant lequel il avait dormi, il ne se souvenait même pas pourquoi il lui avait préféré rester ici pour traverser la nuit. A côté de lui, Gérard était abrité sous un carton et ronflait bruyamment. De temps à autres il se retournait en maugréant, puis se rassérénait en lâchant un gros pet gras, content, il remuait sa barbe avant de retourner au sommeil. David rassembla ses esprits et se leva pour marcher un peu car il ne lui servait à rien de rester ici. Il avançait comme un vieillard brisé, un torticolis l'empêchait de tourner la tête. Il aurait voulu se pincer, se donner des baffes mais il n'était pas suffisamment leste pour y parvenir : "Mais dans quelle Merde tu t'es foutu !" Il vit sur son téléphone que sa femme avait essayé de l'appeler cinq fois dans la nuit, il tentait de rassembler ses esprits pour trouver une excuse. "Bon Dieu ! Pourvu qu'elle n'ait pas appelé la police !" Il rédigea un mini message : "J'ai fais la fête toute la nuit pour fêter une promotion. Désolé."
Il était cerné et cherchait une solution à un problème qu'il ne savait pas, il s'assit sur un banc et tenta longuement d'utiliser son cerveau. En vain.
Mieux valait dormir, il retourna dans sa voiture et mit la radio en marche sur sa station favorite. Le présentateur, égal à lui-même, ne se rendait pas compte de la gravité de la situation, il débitait les même âneries que chaque matin. Bizarrement, les tourments du monde mis en forme de mondanité tranquillisèrent David et il s'endormit. Aujourd'hui, il était encore malade, c'était le seul moyen pour se sentir bien.
En perspective au ras du sol, la Seine charriait ses humeurs usées : De la merde, du vomis et du sang mélangés ensemble. Les flots portaient les restes du festin de la veille, on lisait sur les flots ce que Paris s'était mis dans les veines pour oublier sa réalité. Le jour se levait et semblait indiquer qu'on était aux alentours de cinq heures, on ne voyait pas encore clair et la lumière avait le cafard, David avait mal au crâne. Peu importait, nous étions le premier jour de l'apocalypse.
La ville crachait son matin, se raclait la gorges, elle toussait les bitumes de sa débauche après s'être envoyée en l'air. Elle avait ri aux démons de minuit et maintenant elle retombait morne dans l'aube, laide et ébouriffée, la midinette ! Elle était soûle et avait l'oeil vitreux. Dans la rue, ça respirait l'enfer : On s'agitait autour de gros camions qui vociféraient des ordures, on déchargeait la cames. Des chauffards contraints à des feux rouges concentraient leur haine derrière les pare-brises et leurs mains serraient le volant, ils rêvaient à des prairies immenses où poussent les feux verts et où l'on peut rouler sans fin sur des pistes droites.
David n'avait pas la moindre idée du temps pendant lequel il avait dormi, il ne se souvenait même pas pourquoi il lui avait préféré rester ici pour traverser la nuit. A côté de lui, Gérard était abrité sous un carton et ronflait bruyamment. De temps à autres il se retournait en maugréant, puis se rassérénait en lâchant un gros pet gras, content, il remuait sa barbe avant de retourner au sommeil. David rassembla ses esprits et se leva pour marcher un peu car il ne lui servait à rien de rester ici. Il avançait comme un vieillard brisé, un torticolis l'empêchait de tourner la tête. Il aurait voulu se pincer, se donner des baffes mais il n'était pas suffisamment leste pour y parvenir : "Mais dans quelle Merde tu t'es foutu !" Il vit sur son téléphone que sa femme avait essayé de l'appeler cinq fois dans la nuit, il tentait de rassembler ses esprits pour trouver une excuse. "Bon Dieu ! Pourvu qu'elle n'ait pas appelé la police !" Il rédigea un mini message : "J'ai fais la fête toute la nuit pour fêter une promotion. Désolé."
Il était cerné et cherchait une solution à un problème qu'il ne savait pas, il s'assit sur un banc et tenta longuement d'utiliser son cerveau. En vain.
Mieux valait dormir, il retourna dans sa voiture et mit la radio en marche sur sa station favorite. Le présentateur, égal à lui-même, ne se rendait pas compte de la gravité de la situation, il débitait les même âneries que chaque matin. Bizarrement, les tourments du monde mis en forme de mondanité tranquillisèrent David et il s'endormit. Aujourd'hui, il était encore malade, c'était le seul moyen pour se sentir bien.
04 septembre 2006
Rechute et complications
Et voilà ! se dit-il en sortant du bureau. Encore une journée désespérement ordinaire, tu peux être fier de toi !
David n'avait pas démissionné, par excès de faiblesse, il n'avait pas su franchir cette barrière psychologique. Certes, il fallait admettre que cette promotion tombait plutôt mal, même si David n'était pas un drogué du travail, du moins c'est ce qu'il pensait. En l'occurence, c'était comme si son dealer lui proposait de doubler ses doses pour le même prix. Il était alors difficile de ne pas craquer. En son fort intérieur David se dit que, décidément, il n'était pas facile de couilloner la marche du destin. David était qu'il était englué dans son destin ordinaire, c'était son drâme, il se débattait comme un insecte sur un papier mouche. Insigne insecte, il aurait aimé laissé une trace sublime à travers le ciel mais il semblait condamné à passer ses samedi à faire ses courses à IKEA.
Ô Sublime Médiocrité, Éclaire ma Vie.
Il se sentait gras et trop flatté, et le confort l'avait ramoli.
On le sait : Il n'existe pas de grands destins sans grands malheurs. David qui avait eu une vie sans histoires, on ne l'avait pas battu étant jeune, il ne s'était jamais drogué, il n'avait jamais tenté de se suicider sous un train non plus, et maintenant il ne parvenait pas à se décider du jour où aurait lieu la première du drâme. Il en repportait la date de lendemains en lendemains et finalement, on l'enterrerrait peut être entier avec sa rage de changeur de monde intacte.En ce moment même, des milliers de David Ménard rentraient chez eux, ces armées ménardesques rampaient dans les boyaux crasseux de Paris, empruntaient les transports zombis, tous crevés, ils filaient impatients d'écraser leur culs et leur intelligence derrière une zapette. David, ce héros, était, comme tout et chacun, un produit qui suivait la loi incontournable du marché : le premier critère qui fait la valeur d'un objet est avant tout sa rareté et non pas son utilité. Et de ce strict point de vue, la vie de David n'avait aucune valeur et il pouvait se jeter d'un pont avec une pierre attachées aux pieds, rien n'aurait changer, le fait est qu'il était beaucoup trop ordinaire. Tout au plus sa mort tourmenterait la Seine de deux vagues et sa femme pleurerait trois larmes et puis le monde l'aurait déjà digéré. Lui n'avait aucune difformité, nulle part, il ne se droguait même pas et même ses moeurs sexuels étaient parfaitement ordinaires. Alors, il fallait rendre les armes. Vraiment amer, il voyait qu'il avait ses idéaux étaient de telles pacotille qu'en quelques jours, ses fièvres révolutionnaire retombaient comme un flan. Sans se l'avouer, il se sentait terriblement coupable d'avoir été incapable de bouder son plaisir quand on lui proposait une promotion. Lorsqu'il était rentré dans le bureau de Jean-Michel pour lui annoncer sa démission, il n'avait pas eu le courage de dire qu'il voulait "démissioner", pour un professionel, celà lui semblait trop brutal, il avait utilisé une formule plus atténuée : "Je ne souhaite pas continuer."
- Comment, c'est le salaire ou le boulot qui te fait peur ? Ne t'inquiète pas mon vieux. J'ai tout prévu ! Un petit 10 pourcent ça te va.
- Euh...
- Tu vas pas te plaindre, vraiment... Allez, sacré toi et ne me remercie pas surtout !
- C'est à dire que j'avais prévu de... Enfin, non ! Laisse tomber...
David termina comme à son habitude, à 19 h 30, épuisé. Il ne voulait pas rentrer chez lui directement car il avait le blues. Une ritournelle dans sa tête lui chantait : "Tu es une grosse Merde, tu es un grosse Merde !" et rien à faire, la chanson ne voulait pas passer. Il était furieux malgré que d'autres puisse souffrir l'envers de son problème. Pour l'heure, il les emmerdait de tout coeurs, toutes ces minorités. Lui qui n'avait pas le courage de devenir chômeur ; Il se foutait bien de tous ceux là qu'avaient une famille à nourrir et pas le blé pour grailler, de ces pauv' black en train de nettoyer les rues de Paris pour envoyer au bled, les mères célibataires qui ramaient pour acheter leur kilo de patates... Chacun sa merde.
Vae Victis
Il démarra la voiture et mit la climatisation en route, enfin, selon un rituel immuable, il allumait l'autoradio. Dès la sortie du parking, il éteignit la radio furieusement et se il mit à chanter beaucoup trop fort. Une tristesse profonde l'envahit : Pourrait-il jamais quitter la route Huxelienne ?
Septembre avait repris ses droits, les embouteillages rythmaient à nouveau les journées. Dans sa voiture à 22° il n'était pas anéanti, il était moribond. Demain, on recommencerait le même programme dans l'ordre repeat ad libitum.. C'était trop.
Il décidait de partir à la recherche d'une autre illumination auprès de la Seine. Avec un peu de chance une inspiration sublime le visiterait comme le jeudi précédent. A l'approche de la Seine, il décidait de s'arrêter et de prendre l'air le long des quais. Vingt minutes plus tard -- c'était le temps qu'il fallait pour s'arrêter -- il pouvait enfin marcher et respirer. La ville était à nouveau infecte, il descendit au brod du fleuve, en haut assis sur le parapet des étudiants gueulaient leur joie de l'indépendance retrouvée, contents de retrouver la capitale de leur débauche.
Comme il y a quelques jours, il aurait aimé marcher lentement et avancer au pas débile d'un vieillard, doucement s'en aller vers le crépuscule du fleuve, mais son émotion ridicule ne le lâchait pas. Son coeur battait trop vite il était encore trop jeune sans doute pour penser qu'il ne s'agissait que d'un boulot.
"Tu parle d'une Merde !" Il était seul, mais il venait de s'exclamer. Il devenait fou mais peu importait. Un clodo qui était non loin rendit un hommage à cette pensée philosophique en levant sa bouteille : "Tu l'as dit mon vieux, c'est la Merde !" Il le regarda maussade, négligeant son spectateur. David avait envie de pisser et ça tombait bien, la flotte qui coulait pour ces cons de Parisiens était en bas et avait besoin d'être batisée. Aah... des ronds dans l'eau, avec un peu de chance, il saurait provoquer le scandale ou le dégout de quelques filles qui passait sur l'autre coté du quai.
Le clodo derrière lui l'interpellait de nouveau :
- Dis donc mon gars ! T'as trop picolé où quoi, avec ton costard à une brique, t'as pas trop la gueule à pisser dans la Seine.
- Quesse tu veux ? Les temps changent mon vieux ! Par contre, je me rends compte, c'est vrai que je n'ai pas picolé, ça a du goût ta bibine, au moins j'aurais un raison de pisser dans la Seine...
Le type visiblement beaucoup plus vieux que l'autre paillasson qu'il avait secoué l'autre jour semblat se rembrunir.
- Nan, mais t'as vu ta gueule de premier de la classe, je veux pas chopper des germes en buvant sur le même goulot que toi. En plus si tu croit que ton costard à une brique t'autorise à siffler mon litron, permet moi de te dire que tu gourre...
Cette intéressant dialogue mit David dans une étrange transe dubitative, puis il partit dans une superette pour s'acheter sa propre bouteille. Il hésita un instant sur l'intérêt d'utiliser de la vraie Villageoise pour son baptême, puis, ayant considéré les tenants et les aboutissants, il opta pour un vin de Cahors, honnête mais pas trop bourgeois, puis il revînt auprès de son nouvel ami.
- Et bein, ta copine t'a laissé en route, tu veux t'essayer à te bourrer la gueule ? Vrai que c'est romantique, mais j'te dis qu'avec ton costard à mille balle tu fais pas illusion...
- En tout les cas je fais de progrès, tout à l'heure mon costard valait une brique, il a perdu 90 % de sa valeur. Tu n'aimerais pas du vin un peu meilleur ou tu veux toujours pas chopper mes germes, tu fais pitié avec ta Villageoise, c'est du Gaillac.
- Je te préviens, je veux rien savoir de tes problèmes, mais file un peu de ce truc, des fois ça fait du bien le changement !
Et il saisit la bouteille et s'en siffla une goulée avant de retourner littéralement la bouteille dans son gosier en bavant l'excédent de vin sur sa chemise comme en abondance. Il rendit la bouteille, "Ta bonne femme qui te fais des misères ? T'es pédé et t'a le SIDA ? On vient de te virer ?... J'sais pas je lance des pistes.. Qu'est-ce qui t'arrive ? Avec un beau costard comme ça tu ferai mieux de la jouer bécarre et de te trouver une vieille à baiser tant que tu peux..."
- Non rien, je voulais juste prendre l'air... c'est interdit ?
- Te fâche pas, j'ai rien, contre ceux qui vienne se pochtronner, le blues ça arrive... mais tu m'excuses, quand on a un costard comme le tiens, c'est dommage.
- Tu lâches mon costard...
- Ouais...
Ils burent ensembles en silence, de temps à autres, des bateaux-mouches avec des cargaison de japs passaient. Les haut parleurs crachaient dans six langues la belle histoire de Paris. Le mobile de David se mis à sonner. Il ne répondit pas.
David n'avait pas démissionné, par excès de faiblesse, il n'avait pas su franchir cette barrière psychologique. Certes, il fallait admettre que cette promotion tombait plutôt mal, même si David n'était pas un drogué du travail, du moins c'est ce qu'il pensait. En l'occurence, c'était comme si son dealer lui proposait de doubler ses doses pour le même prix. Il était alors difficile de ne pas craquer. En son fort intérieur David se dit que, décidément, il n'était pas facile de couilloner la marche du destin. David était qu'il était englué dans son destin ordinaire, c'était son drâme, il se débattait comme un insecte sur un papier mouche. Insigne insecte, il aurait aimé laissé une trace sublime à travers le ciel mais il semblait condamné à passer ses samedi à faire ses courses à IKEA.
Il se sentait gras et trop flatté, et le confort l'avait ramoli.
On le sait : Il n'existe pas de grands destins sans grands malheurs. David qui avait eu une vie sans histoires, on ne l'avait pas battu étant jeune, il ne s'était jamais drogué, il n'avait jamais tenté de se suicider sous un train non plus, et maintenant il ne parvenait pas à se décider du jour où aurait lieu la première du drâme. Il en repportait la date de lendemains en lendemains et finalement, on l'enterrerrait peut être entier avec sa rage de changeur de monde intacte.En ce moment même, des milliers de David Ménard rentraient chez eux, ces armées ménardesques rampaient dans les boyaux crasseux de Paris, empruntaient les transports zombis, tous crevés, ils filaient impatients d'écraser leur culs et leur intelligence derrière une zapette. David, ce héros, était, comme tout et chacun, un produit qui suivait la loi incontournable du marché : le premier critère qui fait la valeur d'un objet est avant tout sa rareté et non pas son utilité. Et de ce strict point de vue, la vie de David n'avait aucune valeur et il pouvait se jeter d'un pont avec une pierre attachées aux pieds, rien n'aurait changer, le fait est qu'il était beaucoup trop ordinaire. Tout au plus sa mort tourmenterait la Seine de deux vagues et sa femme pleurerait trois larmes et puis le monde l'aurait déjà digéré. Lui n'avait aucune difformité, nulle part, il ne se droguait même pas et même ses moeurs sexuels étaient parfaitement ordinaires. Alors, il fallait rendre les armes. Vraiment amer, il voyait qu'il avait ses idéaux étaient de telles pacotille qu'en quelques jours, ses fièvres révolutionnaire retombaient comme un flan. Sans se l'avouer, il se sentait terriblement coupable d'avoir été incapable de bouder son plaisir quand on lui proposait une promotion. Lorsqu'il était rentré dans le bureau de Jean-Michel pour lui annoncer sa démission, il n'avait pas eu le courage de dire qu'il voulait "démissioner", pour un professionel, celà lui semblait trop brutal, il avait utilisé une formule plus atténuée : "Je ne souhaite pas continuer."
- Comment, c'est le salaire ou le boulot qui te fait peur ? Ne t'inquiète pas mon vieux. J'ai tout prévu ! Un petit 10 pourcent ça te va.
- Euh...
- Tu vas pas te plaindre, vraiment... Allez, sacré toi et ne me remercie pas surtout !
- C'est à dire que j'avais prévu de... Enfin, non ! Laisse tomber...
David termina comme à son habitude, à 19 h 30, épuisé. Il ne voulait pas rentrer chez lui directement car il avait le blues. Une ritournelle dans sa tête lui chantait : "Tu es une grosse Merde, tu es un grosse Merde !" et rien à faire, la chanson ne voulait pas passer. Il était furieux malgré que d'autres puisse souffrir l'envers de son problème. Pour l'heure, il les emmerdait de tout coeurs, toutes ces minorités. Lui qui n'avait pas le courage de devenir chômeur ; Il se foutait bien de tous ceux là qu'avaient une famille à nourrir et pas le blé pour grailler, de ces pauv' black en train de nettoyer les rues de Paris pour envoyer au bled, les mères célibataires qui ramaient pour acheter leur kilo de patates... Chacun sa merde.
Il démarra la voiture et mit la climatisation en route, enfin, selon un rituel immuable, il allumait l'autoradio. Dès la sortie du parking, il éteignit la radio furieusement et se il mit à chanter beaucoup trop fort. Une tristesse profonde l'envahit : Pourrait-il jamais quitter la route Huxelienne ?
Septembre avait repris ses droits, les embouteillages rythmaient à nouveau les journées. Dans sa voiture à 22° il n'était pas anéanti, il était moribond. Demain, on recommencerait le même programme dans l'ordre repeat ad libitum.. C'était trop.
Il décidait de partir à la recherche d'une autre illumination auprès de la Seine. Avec un peu de chance une inspiration sublime le visiterait comme le jeudi précédent. A l'approche de la Seine, il décidait de s'arrêter et de prendre l'air le long des quais. Vingt minutes plus tard -- c'était le temps qu'il fallait pour s'arrêter -- il pouvait enfin marcher et respirer. La ville était à nouveau infecte, il descendit au brod du fleuve, en haut assis sur le parapet des étudiants gueulaient leur joie de l'indépendance retrouvée, contents de retrouver la capitale de leur débauche.
Comme il y a quelques jours, il aurait aimé marcher lentement et avancer au pas débile d'un vieillard, doucement s'en aller vers le crépuscule du fleuve, mais son émotion ridicule ne le lâchait pas. Son coeur battait trop vite il était encore trop jeune sans doute pour penser qu'il ne s'agissait que d'un boulot.
"Tu parle d'une Merde !" Il était seul, mais il venait de s'exclamer. Il devenait fou mais peu importait. Un clodo qui était non loin rendit un hommage à cette pensée philosophique en levant sa bouteille : "Tu l'as dit mon vieux, c'est la Merde !" Il le regarda maussade, négligeant son spectateur. David avait envie de pisser et ça tombait bien, la flotte qui coulait pour ces cons de Parisiens était en bas et avait besoin d'être batisée. Aah... des ronds dans l'eau, avec un peu de chance, il saurait provoquer le scandale ou le dégout de quelques filles qui passait sur l'autre coté du quai.
Le clodo derrière lui l'interpellait de nouveau :
- Dis donc mon gars ! T'as trop picolé où quoi, avec ton costard à une brique, t'as pas trop la gueule à pisser dans la Seine.
- Quesse tu veux ? Les temps changent mon vieux ! Par contre, je me rends compte, c'est vrai que je n'ai pas picolé, ça a du goût ta bibine, au moins j'aurais un raison de pisser dans la Seine...
Le type visiblement beaucoup plus vieux que l'autre paillasson qu'il avait secoué l'autre jour semblat se rembrunir.
- Nan, mais t'as vu ta gueule de premier de la classe, je veux pas chopper des germes en buvant sur le même goulot que toi. En plus si tu croit que ton costard à une brique t'autorise à siffler mon litron, permet moi de te dire que tu gourre...
Cette intéressant dialogue mit David dans une étrange transe dubitative, puis il partit dans une superette pour s'acheter sa propre bouteille. Il hésita un instant sur l'intérêt d'utiliser de la vraie Villageoise pour son baptême, puis, ayant considéré les tenants et les aboutissants, il opta pour un vin de Cahors, honnête mais pas trop bourgeois, puis il revînt auprès de son nouvel ami.
- Et bein, ta copine t'a laissé en route, tu veux t'essayer à te bourrer la gueule ? Vrai que c'est romantique, mais j'te dis qu'avec ton costard à mille balle tu fais pas illusion...
- En tout les cas je fais de progrès, tout à l'heure mon costard valait une brique, il a perdu 90 % de sa valeur. Tu n'aimerais pas du vin un peu meilleur ou tu veux toujours pas chopper mes germes, tu fais pitié avec ta Villageoise, c'est du Gaillac.
- Je te préviens, je veux rien savoir de tes problèmes, mais file un peu de ce truc, des fois ça fait du bien le changement !
Et il saisit la bouteille et s'en siffla une goulée avant de retourner littéralement la bouteille dans son gosier en bavant l'excédent de vin sur sa chemise comme en abondance. Il rendit la bouteille, "Ta bonne femme qui te fais des misères ? T'es pédé et t'a le SIDA ? On vient de te virer ?... J'sais pas je lance des pistes.. Qu'est-ce qui t'arrive ? Avec un beau costard comme ça tu ferai mieux de la jouer bécarre et de te trouver une vieille à baiser tant que tu peux..."
- Non rien, je voulais juste prendre l'air... c'est interdit ?
- Te fâche pas, j'ai rien, contre ceux qui vienne se pochtronner, le blues ça arrive... mais tu m'excuses, quand on a un costard comme le tiens, c'est dommage.
- Tu lâches mon costard...
- Ouais...
Ils burent ensembles en silence, de temps à autres, des bateaux-mouches avec des cargaison de japs passaient. Les haut parleurs crachaient dans six langues la belle histoire de Paris. Le mobile de David se mis à sonner. Il ne répondit pas.
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