31 janvier 2006

Le peuple de l'ombre

C'est le soir et je suis las, les rues de mon être se vident en un lent défilé. Le peuple de l'ombre déserte les édifices de ma conscience, sourde et s'avance, il s'en va remplir arènes de mon sommeil. Ces cohortes noires murmurent en se glissant dans des tribunes sans lumières, s'installent par grappes indolentes aux balcons de mon âme. Impatientes, elles attendent que le spectacle commence. En rang serré, ces armées désoeuvrées espèrent l'heure où l'on pourra ne plus plus penser. Dans une chaude obscurité, elles se livreront entières à leur oubli, quand on verra s'illustrer en grandes couleurs ces sombres moments et ces subreptices lueurs, vestiges d'un jour encore traversé.

On verra bien sur la scène comme c'est amusant la vie. Finalement, la nuit les aura rempli d'espoir.

Peuple de l'ombre Posted by Picasa


Peut-être encore un peu trop de notes. Mais, j'avance.

28 janvier 2006

L'essence et l'histoire

Depuis un mois, j'existe de manière assez précaire, je mange peu, je travaille beaucoup et dors d'un sommeil très perturbé. J'avance jusqu'au bout de la fatigue et sans marges de manoeuvres j'agis comme un drogué en manque de son ancien confort. Du strict point de vue de l'apprentissage, c'est assez riche, je me suis découvert plus courageux que je ne le pensais mais aussi plus infidèle et profiteur. Tout ceci pourrais se baptiser révélation. Pourtant, j'ai ce sentiment désagréable de ne plus savoir qui je suis. Etais-je un autre quand je m'ennuyais si savemment dans mon appartement parisien ?
Quand je relis mon journal de bord, je ne reconnais pas cet halluciné qui se fabrique des contes en permanence. En consacrant l'histoire au détriment de ce que je suis, je suis devenu le spectateur de mes actes. Quand mes actes s'enchaînent dans une succession impérieuse, je ne parviens plus à mettre la tête hors de ce courant menacant qui me tire à cette saloperie de vie. Bien que j'ai toujours fuit les exécrables touvutousutoulutoubu, j'ai l'impression de resembler à ces imbéciles qui vous vomissent dessus tous les pays qu'il ont vus le temps d'un voyage en avion. Ah Pathétique ! Pas plus fort que les vents, j'ai dérivé jusqu'à ce point. Pris dans un flux, maintenant j'ai tout loisir d'observer les déformations que produisent l'expatriation sur mon être. J'aurais voulu croire que j'étais plus qu'une histoire. J'aurais voulu croire que je resisterais à cette somatologie vénéneuse : "C'est la vie". Bien non !
Ceci dit, les expériences ont leur temps. Je retournerai probablement un jour plein d'usage de raison vivre le reste de mon âge dans mon pays car je me suis rendu compte que de sales fables grouillent dans le réel.
La question est la suivante : Pourquoi chercher à s'insérer à tout pris dans tout les rayons de la vie si l'histoire n'est pas notre essence. Il s'agit d'une question difficile. Je crois que ceux qui sont parti ont tous cette volonté de rester plus fidèle à leur histoire qu'à ce qu'il sont. Je crois que c'est une erreur.

25 janvier 2006

Don Quixote et la Fièvre Révolutionnaire

Sans doute Dulcinée a raison, pour pouvoir trouver un peu de saveur à ces choses, il faut les consommer par petits bouts par petits bouts : Se cacher et manger lentement sous le soleil les laitues comme elles viennent. Dulcinée est prudente, mais il me semble que cela manque d'élan et d'inspiration d'avoir d'un objectif viable.

Je ne suis pas né pour élever les salades, ni pour engraisser les escargots et je voudrais défaire des chimères un peu plus grandes. Et si j'étais révolutionnaire, j'aimerais mon métier et je ferais même des heures supplémentaires. Je dois d'abord jeter mon costume, ne plus aller sur Internet et apprendre toutes les langues du monde. Je dois aussi m'acheter un chapeau spécial pour que tout le monde me reconnaisse.


DonQuixote Posted by Picasa

20 janvier 2006

The poor, the lonesome and the cowboy

A ce moment là, je crois que j'aurais du prendre mon cheval, clore ce chapitre absurde de ma vie et laisser ce pauvre Eldorado et ces faux Ors derrière moi pour poursuivre mon chemin, vers l'Ouest. Pourtant je n'ai pas bougé, je suis resté immobile et sec, comme s'il fallait avoir vraiment soif avant de s'avancer dans de traverser de nouveaux déserts.
Je m'endormais, mes yeux se fermaient, je voyais au dessus de moi des feuillages verts s'agiter doucement au grés des vents, laissant par intermitences traverser quelques éblouissants rayons de soleil. Il m'attendront bien.

Il m'aura fallu beaucoup de temps avant de me rendre compte à quel point les villes m'indifféraient et comprendre que le commerce des hommes était pauvre, dans nos galeries sans lumière, on a finit par oublier que tout ne peut pas s'inventer.

Finalement, la solitude me réjouissait et l'essence de la vie s'écoule certainement par la pointe mon crayon. Peut-être bien aussi que je me raconte des histoires, mais cela revient au même.

17 janvier 2006

Encore plus fort

L'espace de tes bras, je suis à toi
L'espace d'une nuit, je me réjouis
Prête à mourir dans un soupir
Mon désir s'oublie dans l'infini

Cernée de tous les cotés, on m'adore
Agglomérée et comprimée, on veut ma mort
Prêt à prendre la place d'un monde
Un volcan gronde en eau profonde

Je m'éteins dans un soleil trop blanc
Et mon sommeil devient content
Les étoiles grésillent un doux babil
S'éteignent une à une, à une, à une...

Je dors.



Encore plus fort Posted by Picasa


Notez que si j'avais utilisé "Encore, plus fort" pour titre . Ce texte aurait sans doute eu une connotation érotique. D'où l'importance des virgules.
Mais il est vrai que je ne le ferai pas tous les jours.

Aqua di Gener

Depuis quelques temps, il pleut sur Barcelone. Les nuages finalement ont envahi ce ciel désespérément bleu et dégrisent cette ville soûle qui n'ouvre ses yeux que la nuit. C'est très rafraîchissant.

Ici, on tient peu d'égards à la pluie, quand elle vient, on l'insulte copieusement : Au mieux, il s'agit d'un temps de merde mais plus souvent on traite le ciel de puta madre. Quand les eaux descendent en Espagne, les brutes se sentent condamnées à la claustration et restent à la maison, impuissantes, elles regardent la télé en pijama et assassinent sans remords un jour de plus. Soupirant dès la première goutte à des jours meilleurs, on se raconte des histoires sur ces gens qui vivent dans des pays où il pleut. On se dit pour se faire peur qu'il y en a même qui vivent sous la neige. Ici on n'a de science ni des escargots, ni des champignons car c'est au delà de l'imagination. Mais j'exagère sans doute...

Moi, j'adore la pluie, et j'adore qu'on ne l'aime pas, de cette manière elle n'est qu'à moi. J'adore marcher sous les eaux, y faire des boucles, je ne cherche pas l'abri avant d'avoir froid car sous l'eau on se sent vivre et c'est inexplicable.
Sans doute, je suis redevenu bourgeois ; après tout, il faut précisément un ordinateur et un toit pour dire de pareilles inepties et c'est facile lorsqu'à nouveau je glandouille paisiblement dans un bureau.

Aujourd'hui, c'est un jour productif.


Les nuages qui dégrisent : Qu'est ce que vous en dites ?

13 janvier 2006

Variété Lacrymale

Troubles Humides
Rosée des Humeurs
Onde Profonde
Tristes Débordements
Pluie de l'Âme
Détrempe Conscience
Gouttes des Doutes
Misères Ruisselantes
Marée des Douleurs
Irrigation des Opressions
Riches Eaux des Pauvres Heures

10 janvier 2006

Lecteurs du monde

Je me suis abonné au monde Internet pour ne pas perdre le contact avec mon beau pays. Ce journal offre à ses lecteurs la possibilité d'ouvrir aussi leur blogs (http://www.lemonde.fr rubrique perspective). Ce sont de beaux blogs d'une société choisie (Non ce n'est pas skyblog ! http://www.skyblog.com). J'ai parcouru quelques blogs : de voyageur "du monde", de penseurs "du monde", de collectionneurs d'image "du monde". Je nageais dans une mer de savante littérature et de jolies illustrations. Il y avait des consommateurs enjoués et ultra avertis, et ce qu'il faut d'intellectuel pour sauver le monde.
Tout ça c'est très beau et en même temps c'est terriblement ennuyeux et oppressant : tout ce monde pense, écrit, se livre... on est tant que ça ! Mais où donc à disparu l'homme de la rue. C'est toujours la même chose que je lit et je me demande ce que ça rapporte. Je flaire à travers toutes ces bonnes pensées le parfum à l'eucalyptus qu'on met dans les chiottes : home, sweet home. L'odeur de l'homme morderne perfusé à l'Internet et qui émet des avis sur tout et se félicite sans le dire de l'ordre du monde.
Je doit faire comme une allergie au bonheur ou bien il s'agit de jalousie, mais tous ces affichages de bons sentiments me dérangent. A tous ces recueils d'une société choisie, je préfère le positivisme forcené de journalistes qui rapportent sans rire que Sarko à fait tombé sa biscotte coté confiture. Aux récit gnan-gnans des rapporteuses mondiale de pacotilles, je préfèrerais entendre scandé bien haut dans un troquet : "Moi, monsieur, je suis pour la peine de mort (Roger tu m'en remets un autre)". Tout ceci manque de peuple. Ceux qui nous rapportent d'un tour du monde les images d'un ailleurs meilleur et d'enfants qui rient, finalement mettent de l'eucalyptus dans leurs chiottes. Tout un symbole.

Mais on ne peut pas demander au gens d'aller s'en retourner chier au fond du jardin, pas vrai ? Oui, monsieur, le vrai progrès c'est d'avoir des chiottes qui sentent soit la lavande soit l'eucalyptus mais jamais la merde ! Et Roger tu m'en remets un... Nondediou.

06 janvier 2006

Les joueurs

Quand on était petit, mon frère et moi, on voulait devenir des joueurs professionels de Lego et vivre sans autre responsabilité. Dans la solitude de petits lits on s'imaginait une vie de rêve à assembler des petites briques et à jouer sans fin avec les tout nouveaux vaisseaux spaciaux Lego.

Aujourd'hui je suis un joueur professionel de Lego et je passe mon temps à construire des logiciels débiles en m'émerveillant des derniers logiciels du marché. Une passion pour la nouveauté insatiable et irrationnelle m'entraîne. Je travaille dans une équipe où nous sommes tous à la base, passionés d'ordinateurs. Déjà tout petits, on arrivait pas à se coucher parce qu'on avait pas terminé d'écrire notre programme qui faisait Bip et c'était génial. Etudiant, on rebootait notre PC jusqu'à cinq heures du matin en se jurant que cette fois c'était la bonne, c'était le pied. Et puis, on s'est delecté à jargonner, à répéter comme des singes les mots qu'on avait lus dans les revues informatiques, on a commencé à bosser, on a commencé un programme qui était sensé nous rapporter des millions et puis on s'est arrêtés en chemin, on ne sait pas pourquoi.
Mais au final, avec l'âge, notre clan ressemble de plus en plus à une fameuse équipe de branques, d'oiseux vénéneux qui s'étouffent doucement dans un poison cérébral en buvant jusqu'à la lie une bonne coupe de jus de cervelle.

Aujourd'hui, j'ai passé ma journée en m'amusant à construire un treilli ordonné optimisé pour la lecture rapide afin de servir honnêtement le génie de mon chef. Mais en prennant un peu de recul, je commence à comprendre pourquoi les informaticiens ne font pas rêver les filles.

J'ai envie de pleurer sur la misère de ma vie mais je devrais rire de cette pièce qui se joue tous les jours. Je la connais par coeur : Dans un groupe d'informaticien, il y en a toujours un qui fait office de gourou. A la cantine, quand il s'enfile ses spaghettis, il pense à une optimisation qu'il devrait mettre en place pour ses structures binaires. Celui là c'est toujours un maniaque, convaincu de son génie il entraine dans ses délires d'innocents utilisateurs : Suivez moi, c'est le futur ! Pauvres utilisateurs ! Ajoutez à ça un certain caractère, jamais vraiment neutre. J'ai déjà rencontré les profil suivants :
- Celui qui fume comme un pompier des cigarettes fabriquée de goudron. Quand il vous parle vous avez les yeux qui pique tellement il refoule du goulot.
- Celui qui fait plus peur qu'un ours. Planqué derrière les cartons de ses machine, on se pousse du coude pour dire : "Non, c'est toi qui parle cette fois."
- L'ascète qui se nourrit des dernière théories en vogue sur Internet. Ne fume, ni ne mange de viande, fait du sport tous les dimanche et ne s'arrête de travailler que parce qu'il le faut bien.

Derrière la tête de file, il y a les autres qui rament : Il y en à toujours un qui passe sa vie à glandouiller sur Internet, à distribuer aux copains les conneries qu'il réccupère dans son mail, à l'affut des dernières offres de connexion Internet intéressantes. C'est celui là que je préfère, il est comme on dit : "Bonne pâte" et chacun sait qu'avec les bonnes pâte on fait du bon pain.

Et puis il y en a un autre dans l'équipe qui est en pleine réflexion sur le sens profond de sa vie, c'est souvent moi qui fait office de celui là.

04 janvier 2006

Les rois de la réforme

J'aimerais avoir des idéaux Marxiste, dénoncer l'opresseur et me battre contre lui, pouvoir penser en termes de classes et croire à des théories morales et en faire des livres pour instruire les masses. Mais il se trouve que les agents de l'économie mondiale et libérale me ressemblent terriblement, même ceux qui s'ocuppent de trier leur bouteilles en plastiques, ceux qui ne mangent plus de viande, ceux qui roulent à bicyclette, ont juste cet avantage de croire encore à un reste de quelque chose. En vérité, ces idéalistes ne font que laisser un peu plus de place pour les autres, au mieux ils gagnent un peu de temps pour leurs enfants. La vérité est que les tous hommes partagent la même humanité pour le meilleur et pour le pire. Le sort de notre humanité est si réglé qu'il est assez merveilleux d'en voir encore quelques uns qui se battent pour des réformes. Ils s'en trouve même qui me disent que c'est un scandale de ne pas aller voter. Mais est-il si nécessaire d'être de mauvaise foi ?

Pour sauver le monde il faudrait tous simplement ne plus faire d'enfants, mais j'admets : Quelle tristesse ! Les meilleures ambitions que je puisse atteindre sont à la portée ma vie de fourmi. Je bouffe, je chie, je programme des logiciels de merde, je bouffe, je chie, je dors. Mes meilleurs moments arrivent dans le métro quand j'écris debout une langue étangère en intriguant tout le monde à la ronde. Quelle Merde...

Mon petit univers se construit tous les jours en petites habitudes, les rêves s'évadent et fuient de tous les cotés. Mes grandes vies, je les traine derrière moi comme les étincelles d'un paradis perdu quand je prends le train le matin.

Si je me forçais à devenir révolutionnaire, je ne saurais probablement pas par quel bout commencer mais mon objectif serai simple : Ralentir le marché. Pour y arriver, je commencerai par détruire le pétrole - ce n'est pas si révolutionnaire, puisqu'il s'agit simplement d'anticiper de ce qui arrivera tôt où tard. Notre utilisation des transports ne correspond pas à un besoin vital et en détruisant le pétrole, nous ralentirions la mondalisation. En effet l'échange se fait à la vitesse des transports, conséquement nous disposerions de plus de temps pour nous adapter aux changements et il serait plus logique de commencer par aller parler avec notre voisin. Oui, vraiment, il nous faudrait plus de temps pour ces choses. Mais je crois bien qu'il faut être prêt à mourir pour ses idées pour aller brûler du pétrole : Sans blagues, on en est là.

Dans ce monde, du fait de l'économie, vivent plusieurs générations qui n'ont rien à voir entre elles. Il y a celle de mes grands parents qui thésaurisent et pour ainsi dire n'utilisent pas l'argent qu'il ont gagné, celle de mes parent complètement capitaliste, et la notre, intuitive et impulsive sans vision d'avenir aucune mais achète de la musique pour que son téléphone portable sonne "personnalisé". Tout ce petit monde avance, on ne sait pas où l'on va mais c'est comme si un fou était aux commandes. C'est allé trop vite.

Châton : Pas de soucis, c'est juste littéraire, demain j'expose le plan B.

Heal the world

I love You
I love You
I love you...
Comme un zombie, dire bonjour à son monde l'air ravi mais sans le voir vraiment, lui dire qu'on l'aime et refuser de le regarder voilà le secret...
Finir en prison. Michael Jackson a tout d'un messie moderne, seulement, on ne l'a pas crucifié lui, on l'a plastifié.

03 janvier 2006

Bonne année !

Je vous souhaite une bonne année à tout le monde !

Excellente et sans mal de dent, pleine d'aventures où de plénitude selon.

Je veux aussi remercier tous ceux qui ont réussi à mettre des commentaires, ceux qui ont essayé, ceux qui y ont pensé très fort mais qui le feront demain.

Kipe la farte et toujours haut le drapeau : Mort aux cons !

01 janvier 2006

Le Cul des Espagnoles

J'adore le cul des Espagnoles, il est parmi les plus simples et les moins exigeants de ce monde.
Il pousse rond et avenant, mes mains, un jour certainement s'y échoueront au bout d'une hanche.

Dans ce jardin, trop de victimes paissent dans de paisibles parfums.
Et sans même que je n'ai à courir, se laissent rapidemment étourdir.

- Vraiment très honoré de faire votre connaissance,
J'attends votre ventre tendre avec impatience.

Les vocations me viennent à chaque coin de rue,
Et mes prédations sont délirantes.
Je marche le jour entier d'havre rêvé en hâvre désiré
Et voudrais n'avoir rien d'autre à m'occupper.

Le ciel de ma triste banlieue est bleu,
Et dès qu'il respire, mon coeur soupire.