Depuis un mois, j'existe de manière assez précaire, je mange peu, je travaille beaucoup et dors d'un sommeil très perturbé. J'avance jusqu'au bout de la fatigue et sans marges de manoeuvres j'agis comme un drogué en manque de son ancien confort. Du strict point de vue de l'apprentissage, c'est assez riche, je me suis découvert plus courageux que je ne le pensais mais aussi plus infidèle et profiteur. Tout ceci pourrais se baptiser révélation. Pourtant, j'ai ce sentiment désagréable de ne plus savoir qui je suis. Etais-je un autre quand je m'ennuyais si savemment dans mon appartement parisien ?
Quand je relis mon journal de bord, je ne reconnais pas cet halluciné qui se fabrique des contes en permanence. En consacrant l'histoire au détriment de ce que je suis, je suis devenu le spectateur de mes actes. Quand mes actes s'enchaînent dans une succession impérieuse, je ne parviens plus à mettre la tête hors de ce courant menacant qui me tire à cette saloperie de vie. Bien que j'ai toujours fuit les exécrables touvutousutoulutoubu, j'ai l'impression de resembler à ces imbéciles qui vous vomissent dessus tous les pays qu'il ont vus le temps d'un voyage en avion. Ah Pathétique ! Pas plus fort que les vents, j'ai dérivé jusqu'à ce point. Pris dans un flux, maintenant j'ai tout loisir d'observer les déformations que produisent l'expatriation sur mon être. J'aurais voulu croire que j'étais plus qu'une histoire. J'aurais voulu croire que je resisterais à cette somatologie vénéneuse : "C'est la vie". Bien non !
Ceci dit, les expériences ont leur temps. Je retournerai probablement un jour plein d'usage de raison vivre le reste de mon âge dans mon pays car je me suis rendu compte que de sales fables grouillent dans le réel.
La question est la suivante : Pourquoi chercher à s'insérer à tout pris dans tout les rayons de la vie si l'histoire n'est pas notre essence. Il s'agit d'une question difficile. Je crois que ceux qui sont parti ont tous cette volonté de rester plus fidèle à leur histoire qu'à ce qu'il sont. Je crois que c'est une erreur.
28 janvier 2006
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1 commentaire:
l'histoire n'est pas notre essence mais elle fait de nous ce que nous sommes, savemment mélangée avec notre essence elle forme notre personnalité et notre petit monde. Parce que, quoi qu'on dise, chacun a son propre monde, ou mieux dit sa propre bulle, dans un monde géant. On s'insère dans les rayons de la vie parce que sinon autant mourir. On gache les 2 tiers de sa vie parce qu'on oublie de la regarder passer, alors si pendant un tiers on a le temps de s'arreter et de la regarder, de la voir dans un arbre, l'odeur du vent ou les néons du ciné, c'est parce que soudain on se rappelle. Quoi? qu'on a rien demandé, que peut-être avant d'être un homme on était une planète, ou rien, rien du tout. Que après on sera peut-être une planète, une fourmi, ou rien, le vide. Le total. Alors, un il adorerais je suis sure, si il savait ce que ça veut dire, et si il savait que veut dire existe simplement, pouvoir profiter des néons du ciné, de la connerie des autres, de la sensation de se doucher sous la pluie, de sauter dans les flaques et même de se sentir triste. On écrit pour se rappeller d'une sensation, d'un moment. Pour l'exprimer, que ça se sache. Parce qu'une fois couché sur le papier, c'est encore meilleur. Les écrivains, peintres et dessinateurs ne font qu'un. Et les informaticiens, parfois, aussi..
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