28 avril 2006

Grand frais

Le vent venait de l'Est et l'océan se réveillait, sur le pont, on commençait à respirer. Les iodes avaient dispersé les brumes et l'heure de l'affrontement approchait. Le capitaine grognait ses ordres à droite à gauche, preneit des airs inquiet et préoccupé pour montrer à ses hommes le sérieux de la situation, en réalité il attendait plus la confrontation qu'il n'avait de soucis pour nous. Certains finiraient malades à se vider dans leur cabine et passeront leur nuit dans l'odeur du vomis, privés de cette griserie, sans voir ni la blanche écume, ni le ciel noir. Pourtant sur le pont chacun riait encore. On dit : après la pluie le beau temps et pour les marins, il n'y a pas meilleure manière d'aborder les mers d'huile qu'avec un féroce appétit.
Suivant le principe d'Archimède, les bateaux flottent parce qu'ils déplacent un volume d'eau dont la masse est supérieure à la leur. Plus simplement, on survit sur les océans parce qu'ils on a des poumons. Les dégongflés n'ont pas leur place au dessus des vagues.
Cramponné au bastinguage, j'attendais cette vague de vérité qui me détremperait jusqu'aux os. J'étais là, agrippé au gouvernail : qu'elle me tue ou que je reste sur le pont, c'était juste une affaire de poumons, alors je respirais fortement et à mesure que je me faisais guerrier, j'avais plus de force. On dit que la peur appelle la peur, mais l'inverse est aussi vrai.

A ce moment sans doute, si j'avais été socialiste, j'aurais sans doute desserré les doigts et je me serais laissé emmener par les flots. Rendez-vous compte que la vie est belle puisque les forts survivent parce qu'ils se "croient" forts et les faibles disparaissent parce qu'il se "croient" faibles. Une histoire de poumons vous dis-je... finalement la justice s'excuse devant ceux qui croient.

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