19 avril 2006

Le pouvoir des mots

En quelque sorte, je me suis mis au pied du mur en publiant ces trois textes à la suite. Et je sens le devoir de les légender. Car ce n'est pas cohérent de succéder pareille haine à pareil amour et vice versa ; même en cherchant une explication du coté de la veine pathétique, la rupture demeure incompréhensible.

Écrit sans soucis de coller à la réalité, en un battement de cils, j'ai été sadique puis transi. Et je crois que c'est réussi car il m'est difficile de ne pas me croire. Ici, le langage, un principe simple, un ressort terrible : changez un sujet, changez un complément et vous ne croirez plus mes yeux.
Je rentrais innocent dans le métro avec mon cahier sous le bras, et je ressortais exalté, gonflé comme un arsenal. J'avais trouvé des mots à vous faire pleurer : plus méchants qu'un génie du mal et plus tendre qu'aucun soupirant. Il avait suffit de les écrire pour qu'ils prennent pied dans le réel. La masse imbécile suivait mes mesonges et regardait émerveillée mes arabesques cryptique, entendait le tonnerre qui gronde ou bien la carresse de la pluie, ce que je voulais ! Même mon arrogance, je pourrais l'envoyer au vent et devenir une victime docile. Car enfin, je prenais conscience du pouvoir des mots, de la conséquence de leurs inconséquences. Quand on réfléchit c'est un système beaucoup plus énorme car on n'écrit pas autrement les histoires qu'avec des mots.
Tu te reconnaitra sûrement toi qui m'a dit : "- Tu ne sera pas heureux ici tant que tu ne l'aura pas décidé".

Lao Tseu à l'occasion n'aurait pas dit mieux. Alors soit ! Je ne serais pas heureux ici, mais je préfère garder ma liberté de dessiner l'enfer sur les murs de Barcelone et quand l'envie m'en prends peindre les Espagnols comme des nains biscornus des fumées maléfiques.
Tout ceci ne tient qu'à moi, je dirais même que tout tient dans la pointe de mon crayon. Apparement celui ci veut aimer d'autres soleils.

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