10 octobre 2005

Here come the sun

Aujourd'hui le ciel est comfortable et son bleu est très pur. Je m'installe dans l'été Indien qui commence, il fera chaud cet après midi. Derrière mon ordinateur, ma retraite est heureuse, je redeviens étudiant et consacre des heures entières à un loisir qui semble complètement vain. Je dilapide mon temps sans le compter et il semble que ma fortune n'a pas de limite.

C'est vrai, je me plains souvent de ma malchance, je me complais à envisager diverses fins du monde en énumérant les chaos possible.

Mais aujourd'hui, je place une ponctuation et je reconnais volontiers ma chance d'avoir quelques restes encore capables de sublimer ce jour même si je sais qu'il ne se passera rien. Mes inventions commencent de pulluler tandis que je laisse ma viande chauffer au soleil. Et je glisse et je dérive, et je me laisse entrainer plus loin dans mes délires. Comme la pelouse manque dans mon bureau, j'invoque ma mémoire pour me faire un lit d'herbe qui bercera ma digestion. Car je n'ai jamais trouvé meilleur endroit pour élaborer les songes que les matelas naturels. L'odeur de la terre, de l'herbe et de l'humidité se confondent et m'habille l'âme, prépare mon oubli. Je rampe sur le sein de la nature, certain que jamais elle ne me repoussera. C'est encore mieux quand coule un petit courant d'eau. Et voilà, le tableau est dressé et je m'endors au soleil auprès d'une source rassurante de fraîcheur, l'herbe grillée est épuisée, les fourmis ronronnent à mon oreille. Déjàn, il est loin mon ordinateur...

Les heures s'allongent, le silence reprend la parole. En écoutant mes songes, le souvenir d'un jour de marché espagnol remonte à la surface sans qu'il semble y avoir d'explications.

C'était il y a très longtemps et je ne suis plus très sûr sans que j'ai pu inventer ce souvenir tant il semble anodin, mais je ne suis plus sur si c'est un vieux rêve.

J'étais gamin et je suivais ma mère qui me tenait par la main à travers la foule. Je ne percevais rien d'intelligible de ma hauteur. Mon horizon était borné de tous coté par les jambes des adultes. Les gens ne me voyaient pas, la main de ma mère ne me lachai pas et je tournait la tête au ciel pour trouver les visages au sommet de ces jambes. J'entendais les cris étranges d'adultes dans une langue que je ne comprenait pas. Ils parlaient forts pour s'échanger des marchandises. Ils faisaient tant de bruit pour si peu ! C'était si dérisoire d'hurler si fort pour vendre des pommes ou des lapins. Des poissons reposaient sur le coté dans des bac a glace, ils avaient les yeux terrorisés. Les étals d'orange étaient facinants, ces fruits complètement rond permettent de réaliser étals complètement réguliers.
Les marchés espagnols terminent tard et après cette épuisante marche, j'avais faim. On a mangé une glace pour mon dédommagement et nous sommes rentrés à notre location près de la mer. L'Espagne à la couleur de l'or dans mes souvenir. C'est une terre très rouge et une ciel très bleu qui se rencontrent. Dans la terre sèche et arabe poussent des orangers. L'écorce des oliviers est sèche. Les herbes ont soifs et elle sont grasses et coupantes. Chaque chose est un peu trop rude là bas. Bientôt, je retourne en Espagne.

PS : Les Beatles m'épuisent. Je viens de relire "Let it be" et j'ai rien compris... J'étais convaincu d'avoir fait un truc valable ! Décidément, demain sera la journée du Prout.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

J'aime votre écriture, j'aime votre rapport au temps, je reviendrai. Ne regardez pas trop en arrière. C'est à nous de bâtir notre monde. Saudade sera votre compagne à Madrid.

Clement Soullard a dit…

Merci, ca me fait plaisir de savoir que je suis lu, merci surtout d'avoir pris le temps de dénouer mes salades.

J'apprends avec vous ce nouveau mot : Saudade. Voici ce qu'en dit le Wikipedia anglais.

Saudade is a Portuguese word for a feeling of longiness for something you are fond of, which is gone, but can eventually return in a distant future. It often carries a fatalist tone and a repressed knowledge that the object of longiness might really never return.

Saudade is generally considered one of the hardest words to translate. It originated from the Latin word solitate (loneliness), but with a different meaning. Loneliness in Portuguese is solidão, also with the same word origin. Few other languages in the world have a word with such meaning, making Saudade a distinct mark of Portuguese culture.

Saudade is different from nostalgia. In nostalgia, one has a mixed happy and sad feeling. A memory of happyness but a sadness for its impossible return and sole existence in the past. Saudade is like nostalgia but with the hope that what is being longed for might return, even if that return is unlikely or so distant in the future to be almost of no consequence to the present. One might make a strong analogy of Nostalgia as a feeling one has for a loved one that has died and saudade as a feeling one has for a loved one that has disapeared. Nostalgia is located in the past and is somewhat conformist while saudades is very present, anguishing, anxious and extends to the future.