28 octobre 2005

Five, Four...

Aujourd'hui c'est mon dernier jour à GETIMA. Les départs ont toujours un arrière goût de regret et cette impression paradoxale prédomine aujourd'hui. Il est normal de le regretter un peu Paris car j'y ai passé cinq ans de ma vie.

Ce matin un responsable de Barcelone me prévenait du moment où il s'agira prendre mes cliques et mes claques pour partir. Il n'est pas parvenu à m'inquiter, je suis prêt, je crois même que je vais prévoir le déménagement sec pour le premier décembre.

L'aventure commence. Je pars simplement à 1500 kilomètres de mes amis : c'est rien, c'est rien du tout. Finalement, ceci semble assez simple, pourtant, longtemps je me suis posé des questions. J'inventais des prétextes pour m'éviter le risque d'une erreur : comment déménager, où loger, combien ça me coûtera etc.

L'histoire de mon départ est simple et édifiante. Je n'étais pas bien à Paris et je ne cessais pas d'en parler, je me disais qu'un jour il faudrait bien que je quitte cette ville pour m'en aller. Tout a commencé en fait quand le discours s'est s'articulé, j'ai transposé ce qui me frustrais dans un discours positif et non plus négatif. Pendant, trois ans je n'ai pas stoppé d'imaginer des projets foireux pour partir en province. Avec le recul, je crois que je m'étais arrangé pour que ces départs ne se réalisent jamais. Par exemple, quand j'ai voulu partir à Nantes je me suis désisté in extremis parce que le salaire n'était pas suffisament élevé. L'excuse était très fausse en réalité.
Quand j'ai eu une opportunité pour partir au Mans, tout s'est très bien passé pendant les entretiens et j'avais une surface d'entousiasme. Mais dans le fond, je trainais les pieds en ratant les entretiens les plus décisif, je ne voulais pas car retourner là où j'avais grandi car mon ego se serait trop mal satisfait d'une si piètre aventure. Cette fois c'est différent.

Ce qui est formidable dans cette histoire, c'est que l'integralité mon projet aura été dirigé simplement par le discours, même à l'heure où je vous parle, si vous me demandiez ce qu'il y a de concret, je serais peut-être embarassé car je n'ai rien de signé de "concret" -- Comme si les signatures marquaient l'entrée dans le réel. -- Non, encore, je n'ai rien que ma volonté. Pourtant, cette fois c'est vrai, je pars et personne ne peux me prouver le contraire.

Voilà, comment je suis parti dans un pays que je ne connaissais pas et dont j'avais oublié la langue. Je me suis contenté d'y croire et cela a été suffisant. Si je ne sais pas comment a pu remonter à la surface ce mot du Mahatmah : "Everything in life is a matter of fee".* Anyway he was damn right. Fee rules everything.

Je suis aussi terriblement content pour une autre raison, c'en est presque un comble. Ce que j'avais a priori assimilé à une fuite ne t'es finalement pas insignifiant -- oui, c'est à toi que je parle. Enfin ! Je suis presque certain d'avoir fait bougé quelques conscience.

* Je ne suis toujours pas certain qu'il ai vraiment prononcé ce mot, mais quand je tape dans google "matter-of-fee", la plupart des résultats sont d'origine Indienne. J'imagine donc que c'est bien le Mahatmah qui l'a prononcé et il est peu probable que je l'ai inventé.

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