19 octobre 2005

Tout le monde dit : I Love You

Aujourd'hui, je téléphone à ma banque pour lui annoncer que je ne paierai plus de loyer à mon propriétaire. Il s'agit en fait de la première action concrète qui marque le début de mon départ. En soit, ce n'est rien, mais voilà, ça marque le début de l'aventure, la vraie.

Pour cette grande occasion Paris m'entraine dans ses bouchons, je sniffe un peu de dioxyde de carbone, je me shoote au pot d'échappement et je prends mon mal en patience. Et je danse sur mon accélérateur : en haut, en bas, en haut... Un mec klaxonne, je le traite de "Connard" et je chante dans la voiture ma chanson préférée : "Paris, tu es une ville de merde. Tsoing, Tsoing". Aujourd'hui, je trouve ça drôle car je m'en vais.

Non Paris, je ne te regretterai pas. Les jolis attributs ronflants dont on t'affuble sont comme les verroteries d'une femme hors d'âge. On dit par exemple de Paris que c'est une ville Cosmopolite, Artistique, Culturelle, Eclectique... Génial ! Pour ma part, je dirais que Paris est une ville : Hypercérébrantesque et chrysalloménopausée. Paris réaliserait un gros score au scrabble.

Les dernières manifestations en date, saluées par notre brave intelligencia, valent leur poids en cacahuète. Une certaine attitude post-moderne - pour faire court - nous invite à Paris-Plage et à la Nuit Blanche. On a le choix, soit s'entasser gratuitement dans un "happening" sur cinq mètres de quai en bord de Seine. Le titre de l'oeuvre est "la plage" mais on s'y croirait presque, de pauvres palmiers ont été arraché à leur environnement naturel pour jouer les figurants. Ou alors vous pouvez venir voir samedi soir à minuit des artistes funambules peints en rouge suspendus à la cloche de Notre Dame par les doigts de pieds. A Paris, la culture est une nourriture plus que spirituelle, elle vous nourrit le corps. Génial !

Cette vieille bourgeoise se complait dans la poussière de son glorieux passé et se meurt peu à peu. Elle n'aime déjà plus les enfants. Non, c'est une ville pour les grands. Réjouissez vous, l'année prochaine, Bertrand Delanöé donnera une invitation gratuite à tous les SDF pour qu'il aillent à la FIAC*, car l'art est pour tous...

Mon cul ! C'te salade ! En fait, la ville des lumières à été trop courtisée et vivote sous un globe de verre entre surréalisme et paranoïa. Mais, c'est normal, il est toujours difficile de revenir de son orgueil. Mais j'ai bu ta potion pendant cinq ans, sorcière, et voilà, je suis au regret de te dire que je m'en vais. Adieu Paname !

Salut, vielle peau, j'me taille. Un peu d'air te rendrait ton génie, mais tant que les cafards vivront sans oxygène, Paris sera toujours Pourri.

Non, je ne te regretterai pas. Ma haine est pure.


* Foire Internationale d'Art Contemporain. (Je suis obligé de préciser que je blague pour les SDF, car vous pourriez le croire)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"When do you come back ?"
"- ? - Come back to where ?"

Dans un taxi en route pour l'aéroport. Trois jours de congrès. La réponse à cette question toute simple m'a pourtant échappée. Je suis partie il y a 3 ans et je n'ai nulle part ou revenir. Il aura fallu un chauffeur de taxi Somali un peu curieux pour le réaliser. C'est finalement étrangement rassurant. Qu'il soit remercié.

Anonyme a dit…

oui mais tu oublies que Paris, c'est nous aussi..... nos piques-niques géants, nos discussions, nos larmes et nos rires.
Quitter Paris tu donnes peut-être de l'oxygène mais trouver tes nouvelles valeurs ne sera pas plus facile ailleurs car la réponse est avec clément où que clément soit !

Clement Soullard a dit…

C'est assez moderne de croire que l'on est le seul responsable de ses malheurs et qu'on les transporte avec soit partout où l'on va. Je sais pas : ca me détends d'être méchant avec Paris...

En fait, j'ai développé une réaction allergisante aux voitures et à intellectuellisme Parisien.
En l'occurrence, si parfois un seul être manque et tout est dépeuplé, parfois pour moi, un seul intello est dans mon champ de vision et tout est surpeuplé.