Le brouillard est tombé sur Paris et cet après midi et mes yeux sont paresseux. J'entends les cris des enfants qui jouent au foot, mais aujourd'hui il semble que ces cris soient uniquement motivés par l'habitude. Le bruit des marteaux et celui des voitures dans la rue témoignent qu'ailleurs on vaque à ses occupations. Heureux hommes, ils s'occuppent ! Ces bruits s'amortissent dans les brumes blanches et ne me dérangent pas tellement car moi je rêve.
Je commence une aventure immobile, question de survie. Dans mon malheur, je ne reçois plus tellement de mails pour me distraire et je dois traverser seul la pénurie intellectuelle. Pour tromper mon oisiveté je dois nébuler avec application. Comme un somnambule j'ultraedite mon oeuvre de la journée. Corrigeant sans fin les lignes que je produit, mon rendement assertif est finalement très faible. En fait je crois que j'écris n'importe quoi... Mais je laisse faire car c'est bon de se noyer dans ces mots. Des figures de style tombent de mon imaginaire et se répandent mon écran, quand ces morceaux de rève atteignent la page, je tente de les denouer et trouver un sens aux invraissemblables ovnis que je commets.
L'hiver se rapproche, il semble que cette année on se passera d'automne pour aller directement en hiver. A droite à gauche, on tombe malade et on se planque le nez dans des vêtements chauds. Nous arrivons à ces phases atmosphériques où les femmes deviennent étranges et vivent une introversion ouatteuse, ni hostiles, ni aimables, leur chauffage intérieur s'est enclenché et pour résumer, nous basculons dans l'ambiance : "Maintenant je m'occupe de moi". Tandis que je mange un sandwitch, j'observe ces mystères qui de déplacent dans le brouillard, peu importe si je n'y comprends jamais rien, je m'occupe. Le temps est à l'égoïsme et à l'économie mais je n'en veux à personne. Je laisse faire, quoique je fasse, je suis complètement démuni face à ce genre de problème.
De mon coté, je ne m'occupe pas spécialement de moi, je rêvasse et je somnole car je suis un piètre laborieux. Je divague dans le blanc des nuages en employé modèle, je rassure mes employeurs en frappant en cadence sur mon clavier, non on ne me paye pas à rien foutre ! Par contre, le téléphone me perturbe. Il me faut quelques minutes pour me remettre de la perturbation des utilisateur de mes programmes. Alors j'invente des statégies. Pour esquiver, je m'ingénie à placer les laborieux employés sur des rails qui vont s'éloignant de moi. J'applique ma théorie suivant laquelle les travailleurs obcessionnels sont comme les locomotives électriques miniature : leur premier besoin est de nature physiologique, il s'agit pour eux de dissiper toute l'énergie qu'ils ont absorbé pendant le repas de midi. Tout ça pour au final, produire un caca. La vie !
Je continue mes ronds de fumée, j'aiguille ces perturbateurs pour qu'ils s'en aillent réclamer la sueur d'un autre. Je pleure leur malheur de ne pas avoir tant d'imagination qu'ils ne puisse pérécliter dans le néant aussi bien que j'y parviens parfois. Tout en philosophie, je conclue que la notion de travail est finalement assez étrangère à la morale. Les temps changent. Ce qui est vrai dans une société en progrès ne l'est plus pour une société décadente. Je ris dans ma barbe, voilà quelque chose de tout à fait arrogant pour mes parents, ils ne pourraient pas comprendre.
07 octobre 2005
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