Attendu qu'il faut tirer le plus grand bénéfice de chaque jour qui passe, je décide de ne plus verser autant dans les sciences informatiques. On dit que c'est mon devoir. Je nuance. Bien sûr, l'informatique est utile, mais pas plus que les trains électriques miniatures, c'est une forme d'occupation. Finalement, il est raisonnable de passer énormément de temps à réfléchir et à ne rien faire de concret. Surtout par les temps qui courrrent... l'intelligence devient précieuse.
Aujourd'hui, j'embrasse le soleil et l'air a un goût de déjà vécu me rappelle chez mes grands-parents. Objectivement, il est assez improbable que le paysage que je vois par ma fenêtre ai pu s'inspirer de l'horizon qu'il y avait chez ma grand mère. Pourtant, je crois flairer un mélange familier d'odeur, entre humidité et odeur de la terre, une certaine couleur du ciel ou sans doute une certaine disposition d'esprit transforme ce matin en hier.
J'ai sans doute besoin de penser la campagne Mancelles de mes vacances quand j'allais faire du vélo aux aurores après m'être enfilé un petit déjeuner gargantuesque avec des tartines passées au toaster et généreusement beurrées, elles étaient taillées dans le large d'un bon pain de quatre livres trop cuit. J'attendais que le beurre se fonde intégralement et ne laisse plus de trace jaune sur la tartine ou bien je trempai consciencieusement ces tartines en contemplant le beurre fondre dans le lait chaud et former des gouttes huileuses à la surface. Ce beurre était facile à tartiner et légèrement rance car il était conservé à l'extérieur du frigo. En général, mes grands parents aimaient que le pain soit bien cuit et que sa mie soit blanche car il fallait que les aliments puissent se conserver longtemps. Quand j'étais enfant j'identifiais ces impressions en les rattachant au concept du vieux. Je n'aimais pas tellement ces endroits parce qu'ils n'étaient pas aussi propres que chez moi. L'odeur des granges et des cuisines dans les campagne formait l'antithèse de mon confort douillet de citadin. Quand on se levait le matin, le carrelage était réellement froid et quand ma mère nous envoyait chercher nos chaussons, l'objectif n'était pas si bourgeois que dans notre maison. A la campagne la lutte pour que je ne perde plus mes chaussons n'était pas un maternage vain car l'enrhumement était une menace réelle.
Je m'ennuyais énormément là bas, il semblait et même la télé avait l'air plus nulle que chez moi, d'abord elle fonctionnait tout le temps et le son était trop fort. Le midi, on regardait les jeux télévisés en mangeant de la soupe, je m'ennuyais, mais je regardais tout de même ces émissions, à défaut de dessins animés, l'inspecteur Derrick faisait parfois l'affaire. Quand le temps était beau, les parents nous disaient d'aller jouer dehors. Mais pour nous, le besoin de courir était indépendant des nuages. Je partais à l'aventure au milieu de pavillons autour des ronds points. Je m'en allais souffler dans l'air froid du matin battre des records de vitesse. Après avoir pris l'élan qu'il convient j'escaladais des buttes avec mon vélo. Les croûtes sur les genoux étaient autant de témoignages de mon courage et de mon obstination. J'avais alors quelques records à battre et il me fallait monter la pente sans poser le pied à terre, la descendre le plus vite possible sans tomber par terre et réussir à faire monter les cerf-volant uniquement en les trainant derrière moi quand le vent ne venait pas. On courrait, on se battait souvent. On jouait avec des couvertures en se fabricant des cabanes dans le jardin. C'était vraiment génial de s'abriter sous ces cabanes de fortune : Avec trois bouts de bois posés sur des chaises et une couverture trouée sur le dessus nous fabriquions notre repère. C'était notre bonheur. Suivant les alliances du moment, certain étaient autorisé à rentrer dans la cabane et d'autre pas, ce genre de domaine s'administre sérieueusement.
L'instinct primitif du terrier est génétique, la jouissance de la cabane est une sensation pure. On construit la cabane et puis on ne bouge pas, on guette les adultes. On regarde ce qui se passe autour. Chez mes grands parents du coté de mon père, nous n'avions pas de couvertures pour construire nos cabanes. Nous ne disposions que de grandes baches noires en plastique pour notre assemblage. Nous nous en contentions, mais l'été, c'était une vrai fournaise. Mais quelques chaleurs qu'il y ai à l'extérieur, par un trou de la bache, nous guettions les activités de la ferme depuis ce repaire sombre. Quand il pleuvait en revanche, c'était beaucoup mieux. Même percée, notre bache remplissait son office et nous protègait du gros des gouttes, nous entendions le bruit des gouttes s'éclater sur le plastiques et nous jouions au Lego. Version simplifiée du bonheur. Oui, le besoin d'un abri est si profond.
Je suis toujours fasciné par mon enfance... je n'ai jamais su vivre si pleinement que depuis mon enfance. Hors l'enfance les choses sont gâtées, elle sont complexes et noueuses. Tout a cessé d'aller droit et tout a commencé à me coûter énormement depuis. En fait, c'est une puissance incroyable qui réside dans le discours : "Quand je serai grand je serai pilote d'avion."
A supposer que j'ai des rêves. Je crois qu'au mieux je pourrai dire j'aimerais Un conditionnel et plus un impérial futur. Maintenant je suis au conditionnel parce que "conditioné". Pour un gamin, tout ce qu'il pense est vrai à défaut d'autre chose... Enfin, à moins que je ne me trompe...
03 octobre 2005
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire