25 novembre 2006

Wet Chaolin

Cette journée, David était saoûl de la pitance routinière du salarié, il avancait tête nue et l'envie d'en découdre sous les trombes venues de l'Ouest. Le ciel était noir comme sous une chappe de caillasse. Il s'enfoncait dans la nuit naissante quand l'orage commencait à gronder. Il partit s'engêler dans les rues de Paris, somnambule. Il avait laissé sa voiture sur le parking et ignorait son retour, il ne savait même pas s'il y en aurait un jour. Il pris seul le métro, parmi les masses puantes, il s'est engouffré dans des charettes en partance pour l'enfer. Des travailleurs aux gueules déformées grognaient comme des boeufs, lui respirait les aisselles de grands types décharnés aux long bras qui se suspendaient au tringles du métro. Libéré, il dévisageait jusqu'à l'outrage des minettes renfrognées réfugiée dans des coins du wagon attendant que leur transport se passe, éreintée de leur journée. Il les toisait comme si l'orgueil de ces petites pouvait se retourner mille fois sans que rien n'y paraisse. La plèbe avait l'oeil vitreux, elle était en patience pour le programme télé de ce soir. Etait-il de ceux là ? Etrange ! Il avait cette sensation étrange d'avoir passé sa journée avec des mammifères difformes qu'il regardait sans comprendre à travers la vitre d'un aquarium comme d'immenses patauds. Il était libre et le voyage se prolongait seul dans les lumières articielles emporté dans par les trames jaunies du métropolitain.

Il sortit à Maubert-Mutualité, station insignifiante mais tellement Parisienne. Il s'agissait du QG pour le professorat de la Sorbonne lorsqu'il se mettait en chasse de filles encore fraiches. Endroit idéal pour sortir de cette terre infernale et rejoindre la mer, David avait le vent dans son dos et se sentait propulsé dehors de la bouche du métro, neuf comme un ressucité, des courants d'air s'infiltrait dans son cou, des gouttes s'emparaient de sa barbe, il était sale, le poil défait, la machoire trop saillante, il avait oublié ces restes de raffinements comme ceux d'une vie passée. Sous la pluie, David partait s'inventait les dragons qu'il allait défier tandis qu'il rajustait son imperméable tel un limier professionel es bas-fonds. Aujourd'hui commençait le voyage extatique, celui qui déferait l'ancien David, le tuerait certainement, et jetterais au enfer la sage dépouille de cet ex-employé aux instincts si dangeureusement lénifiant. Lao Tseu avait affirmé que "Tout voyage de milles lieues commence par un premier pas" en Français on le traduisait par "Seul le premier pas coûte". Cette foutue sagesse populaire avait toujours raison ! Il n'y a que l'abandon, le renoncement du premier pas qui compte. Au moment ou tu ne saura plus qui tu es, au moment ou tu auras oublié tes modèle, alors tu sera libre, renonce donc pour gagner... Toutes les religions qu'elles soient Tibétaines ou d'ailleurs partagent cette même clé de voûte : le salut de la foi est es un abandon. Pour commencer l'ascèse il faut se baigner dans les eaux du ciel, s'imprégner de la glace du monde, marcher dans la nuit, trembler, traverser les limites de ce corps faible.
Le premier pelerinage était un peu bourgeois, il fallait le reconnaitre, il partait du quarier latin et s'en allait vers le quai Branly, lézardait au Marais. Cependant, cette marche sur Paris se faisait par gros temps. Les hommes courraient dans la rues, regagnaient leur trous comme des fantômes effrayés, déguerpissaient comme des rats sous la lessive, de leur coté, les femmes se hâtaient serrant leur jupes, accrochée à leur parapluies à la dérive. Les caniveaux ruisselaient et débordaient sur les trottoirs car de gros 4X4 aux pneus imposants contrariaient l'écoulement des eaux. Le missionaire David du pâtir de ces débordements. Justice !
Les rues de Paris étaient très vides et David sentit l'inspiration - une de celle qu'on ne laisse pas partir - pour rétablir un peu d'ordre, et faire écumer comme un porc que l'on saigne le gras propriétaire de l'engin qui essuyait ses roues dans l'eau croupies de son ami Gérard. En terme de lutte des classe c'était lui qu'il fallait planter. Il sortit un couteau de sa poche, s'accroupit à demi et enfonça dans le pneu du monstre la lame de la vengeance. Il fut surpris de constater la résistance de la roue, il ne parvint pas à transpercer lla chappe du premier coup : corriace ! A nouveau, il planta le couteau avec plus de forces, discret, il ne fallait pas encore revendiquer ce genre de folie et finalement il entendit avec soulagement le sifflement du Good Year éventré, puis ça commencait à buller énormément dans le caniveau rivière. Il n'eut pas le temps de contempler la carcasse qui s'écrasait car il devait partir. Il s'enfuit, faisant semblant de rien, heureux. Le franchissement si ridicule fut-il des ligne de la loi par rébellion, vous fait sentire plus humain. Mais maintenant il était l'heure !
Il fallait réccupérer son fameux costard qu'il avait prété à Gérard et connaitre le résultat de l'expérience. Il lui avait dit à de le ménager, cependant, par ce temps, il ne savait plus quelle version il allait trouver de son costume.
L'ami Gérard, près de l'endroit convenu, attendait près du pont des "Milles Larmes" - l'autre nom du pont de l'Alma - on entendait des cataractes de pluie affliger la terre jusqu'à en détremper son âme. David espérait retrouver un métamorphosé. Un peu envieux, il pensait que Gérard, tous les soirs, était bordé par ces ombres si noires et si pures, des lavis superbes pour l'héroisme. S'il vivait ici, il deviendrait comme les escargot, c'est à dire qu'il baverait ces soirs humides sans parvenir plus à avaler quoi que ce soit, saoul. Il du s'asseoir contre un mur, comtempla stupéfait la nuit qui s'amusait à faire des ronds dans l'eau. Interdit.

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