07 juillet 2006

Le David Ménard et les Steaks -- La savane au bureau

David Ménard divisait le monde en deux catégories : Les steaks, et les pas-steaks (Qui n'ont rien à voir avec les pastèques, je précise). Les steaks (ou gros steaks) étaient ces êtres humains, intéressants du point de vue de leur viande et du patrimoine génétique, dont on pouvait tirer de jolis petits. Par contre, du point de ce qu'on appelle la présence, l'imprévisibilité, la folie (ce qui fait que la vie doit être vécue), ceux là étaient en compétition directe avec les bavettes quand elles saignaient dans une assiette.
Un de ces jeunes nihiliste se trouvait en face du bureau de David Ménard, la bouche en cul de poule et propre sur lui, il avait du talent pour énerver David Ménard. Ce tétard, véloutais son parlé avec un soin précieux, chacune de ses phrases était enrobée d'une soupe propositionnelle invraissemblable, à torts et à travers, il ampoulait tout ce qu'il savait d'enflures roccoco pour signaler à son supérieure sa supposée culture, à tous les coins, il s'exprimait et baffouillait en "érudition-imitation" achetée au puces pour trois francs six sous : Ca allait bien avec sa Rolex (Celle ci pas d'imitation) et briller en société. Il utilisait "nonobstant" et "néanmoins", il "stipulait que" en "mentionnant" etc. Ouhlà... Ca dégueulait en finesse un francais de courtisan, près de la machine à café, il disait tout ce qu'on lisait dans les journaux, très modéré cependant pour ne pas choquer, et c'était assomant.

Mais David devrait être tolérant, car après tout, ces gens ordinaires sont si rares, mais il n'empêche, ces fadasseries étaient lassantes. Le steak de David était un de ces individus obsédés par le traffic routier qui avait toujours une fenêtre de son explorateur internet à surveiller la fluidité du périphérique. L'après midi s'écoulait avec cette question existencielle en suspens : combien de temps mettra-t-il pour rentrer chez lui ce soir ? Pour ce genre d'individu, l'exercice de la liberté se résume au choix d'un fond d'écran.

David observait son steak avec un appétit carnassier, comme un prédateur lent il se délectait à voir son innocente proie se mouvoir lentement, et il le regardait prendre des allures studieuses devant son ordinateur, il le regardait attendre l'inspiration tel un Michel-Ange ! Il le regardait contempler lascivement ses ongles et alterner de temps à autre avec son écran d'ordinateur.

Son allergie à l'indolence et à l'ampoulage était probablement ce que avait transformé David en chef, et maintenant il était de ceux qui peuvent distraire leur cruautés sur les Steaks.

Ces pauvres bougres ne savent pas se défendre, ils sont stupides, ils ont peur des chef. Il veulent être comme tout le monde. Et quand il se rebellent, ils se mettent à tourner en rond, racontant à leur camarades leur souffrances, leur viande tourne et il sont stressés, et pour eux se défendre consiste à agir comme ces fourmis qui partent dans tous les sens comme les fourmis quand on approche sur elles le doigt de la mort.
Parfois, il prenait à David Ménard l'envie d'insulter son collaborateur, bien que cet individu ne lui ai rien fait, c'était plus fort que lui. Son existence était comme une insulte à l'idée qu'il se faisait de la vie.
Les steaks sont viandaires, ils consacrent leur vie à s'innerver, pour être tendres, ils digèrent bien et les granulés et les graminés comme s'il était important de mourir digeste. Celui là, il avait envie de le prendre par le colbaque et de lui secouer les puces, de lui foutre des baffes et d'être grossier. Quand il s'emmerdait en train de réaliser son Powerpoint, David s'imaginait donner des baffes à ce poupon à la vie si lisse et ça le détendait.


Je ne sais pas si David Ménard dois être un méchant ou un gentil...

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