Les fois où il s'énervait vraiment, c'était : "Mais nous sommes en week end, nous avons le temps, il faut savoir se relaxer". Bref, elle avait toujours des excuses. Il dut capituler. Si elle avait été son employée il l'aurait virée, mais malheureusement c'était sa femme.
Cependant, elle avait aussi de bon côtés, c'est à dire qu'elle lui repassait ses chemises sans qu'il ne demande rien et elle avait comme un don inné pour détecter les tâches sur ses pantalons et faire le course et mettre de l'eucaliptus dans les chiottes. On ne manquait jamais d'eucalyptus pour mettre dans les chiottes à la maison, comme si elle était né avec le gêne de l'eucalyptus dans les chiottes.
Globalement la femme restait un mystère. II avait déjà entendu sa femme se plaindre avec ses copines de leur condition et de n'être pas traité comme l'égal des hommes. Pour lui, elle réclamait ce qu'elle s'obstinait à refuser. Il avait jeté l'éponge et avait diagnostiqué que le discours des femmes est une mode comme une autre, qui va et qui vient.
Aujourd'hui, les temps avaient changés, sans doute avait-il été amoureux, un jour dans un passé lointain, il ne se souvenais plus, de toute façon, ça n'avait plus d'importance. Maintenant qu'il avait une femme, en prendre une autre impliquerait un nouveau célibat. Cela représentait une rétrogradation trop flagrante dans son ascension Maslowienne et puis, il ne se racontait pas d'histoires, blanc bonnet pour bonnet blanc, il n'avait rien à gagner, que du temps à perdre.
Pourtant, il s'était bien juré.... Quand il était petit, en allant à l'école, il expliquait à sa mère. "Une fille c'est nul, c'est chiant parce que ça pleure tout le temps." Et sa mère le reprennait : On ne dit pas c'est chiant, on dit : "ça m'embête que". Voilà ! Sa mère venait de tout expliquer, les femmes n'ont pas conscience du drame du monde. David avait une formule bien à lui qu'il gardait sous son oreiller mais il ne pouvait pas la sortir en société parce qu'il passerait pour un misogyne et ce n'est plus très tendances par les temps qui courrent. Alors, il se contentait de retourner ses bons mots dans sa tête les soirs où il s'endormait en présentant son postérieur à sa femme. Sa formule était : "Il y a la même différence entre l'homme et la femme qu'il y a de différence entre l'être et l'avoir". Il fallait bien reconnaître qu'on aurait cru cette pensée d'un Jules Renard, pour un David Ménard elle était plutôt chiadée. Mais c'est un fait, tous les indices convergeaient. Dans les toilettes, un étron en patience, quand il tombait en rade de lecture, après avoir lu quinze fois ses revues d'informatiques, il lui arrivait de se distraire en lisant Marie-Claire ou pire... Métropolitan. Et là c'était manifeste : Le tartalacrème de la condition féminine était affiché et évident : entre les paires de chaussures et les sacs à mains, il y avait les conseil pour "avoir" un homme. Plus qu'un sujet de jacasserie, l'homme est la plus grande possession d'une femme. Un accessoire qui n'est jamais soldé ets n'en avait que plus de valeur. Il n'était qu'un bien pour sa femme... Un bien ! Lui, qui était socialiste, il savait bien le mal de la possession. Alors David Ménard avait parfois ce doute : N'avait-il toujours été qu'un poupon ? D'une mère à une autre, il avait navigué : mon fils... mon mari, ce jouet magnifique qui ne s'use que si l'on s'en sert. Peut-être n'était-il qu'une poupée de chiffons comme celles que ces garces ont appris à trimballer dès le plus jeune âge dans leurs poussettes miniatures.
Quand il n'était pas avec ses potes en train de boire des bières et d'estimer en rigolant le rapport idéal entre tour de poitrine et tour de fesses, il avait parfois un doute vertigineux, comme sur un tapis roulant en apesanteur, les culs de ces grenouilles perdaient leur sens et devenait tout d'un coup une belle arnaque.
Comment faire autrement ? Il se reprenait, resserrait ses sourcils avec l'index et le pouce et il oubliait cette fugace lucidité nauséabonde, à quoi cela pouvait-il servir puisque tout le monde faisait comme ça et qu 'il devait faire comme ça. Il allait tout de même pas se faire pédé quand même ! De toute façon les pédé c'est encore un autre invasion de la femme... Alors un peu perdu, il imaginait des solutions pour endurer mieux la vacuité de la vie. Ce n'était pas l'équilibre de son couple qui était menacé. Ca c'était béton puisqu'en fait d'équilibre son couple était là où la gravité est la plus forte : vautré dans le canapé. Hésitant... devait-il faire un enfant ? Après tout lui ne lisait pas Biba, ni Psychologie. Pourquoi ne pas inviter un bambin dans sa vie et avoir à nouveau un compagnon de jeu qui soit vraiment rigolo. Mais aujourd'hui, seule la lacheté et la paresse lui permettait d'endurer si stoïquement la disqualification de ce qu'il eu peut-être appelé un jour : amour.
Voilà pour aujourd'hui, je crois n'avoir jamais fait de post aussi long. Soit c'est David Ménard qui m'inspire, soit c'est sa femme. Mais je crois que David Ménard is back...
Je crois que ma misogynie et ma suffisance m'avancent à grand pas vers le panthéon des écrivains. Enfin, en somme, il n'y aura que la vérité qui blessera.
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