20 juin 2006

La vie en noir (Prose torture)

Dans la ville cafardeuse et gluante, un soir que l'orage avait lâché sa vindicte. J'entendais des bouches noires et luisantes baver des mots huileux. Ca s'enchevêtrait et s'emmêlait, des imbroglios purulents gouttaient dans des flaques mortes.

Gorgone était malade et avait la veillée grave, ses braises noircissaient et crachaient leurs charbons, elle attendait d'autres baiseurs. Sa face grimaçante exhortait les morts de porter à nouveau l'étendard des illusions pour les nouvelles générations dégénérées. Cette vautrée qui, hier encore, les tenait dans sa main au fond d'un vase glaireux écumait sa rage et désespérait : « Les hommes fongiques sont le peuple de la vase et peuvent vivre sans lumière tant qu'ils ont des rêves ! Dansez donc ces fièvres contaminées ! »
Sur le goudron qui suinte, les parasites se parasitent et s'échangent leur morve, ont peur d'être seul et se bécotent. Dans l'ombre prolixe, ils se mêlent et s'aiment, il transcendent dans d'odieux accouplements et se baignent dans une mare septique*. Pendant leur orgies carnivores, ils se bercent d’un espoir fou : "Demain, il survivront."

* Ne pas confondre septique et sceptique.
- Le sceptique doute
- Le septique a mangé du Reblochon et refuse de se laver les dents.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

salut clément,
je m'absente qqs semaines un peu longues de ton blog et je retrouve du bordel et une bonne nouvelle: tu nous reviens!!!
quand rentres tu? pour faire quoi? tu sembles plus serein, est ce vrai ou juste une impression?
a la revoyure sur paname

Clement Soullard a dit…

0h... Salut Manue !
Ainsi tu avais suivi mes aventures ?!
Eh oui, je suis revenu au pays, mais pas à Paris : à Toulouse - Ville du Jazz (C'est ce qu'on dit, mais ça en a bien l'air)
Ca fait plaisir de te lire. Je ne vois pas ce qui te fait dire que ça va mieux quand, j'écris "La vie en noir", mais c'est vrai tout est souriant en ce moment et, presque, je me dit que c'est trop beau.
J'espère que tout va bien à Paris et surement je monterais en septembre !

Je vais pas m'étendre ici, d'abord c'est public et ensuite c'est sensé être un lieu de torture mentale.

A très plus,