David Ménard avait une vie extraordinaire et un nom taillé pour le concret. "David Ménard" : Un nom sans doute peu inspiré mais qui en disait long sur lui. David était le nom d'un roi, Ménard le nom d'un pékin ordinaire et le roi des pékins, c'était lui. Certes, il avait des idéaux, des beaux, des grands, des universels ; mais toujours il restait pragmatique : "Une vie qui avance pour un bonheur cuit vapeur" : Tel était son slogan. Il faisait partie de ceux qui ne se demandent jamais pourquoi le réveil sonne le matin, d'abord parce que c'était une question bien inutile et surtout parce que c'était dans l'ordre des choses. Ses préoccupations étaient ailleurs quand il se se rasait : il pensait aux glorieuses actions qu'ils effectuerait dans sa journée. Le miroir ne lui refusant pas cette jouissance, il se souriait à lui même et il y avait comme du bonheur dans la salle de bain tandis qu'il faisait le noeud de sa cravate, il se trouvait beau et imaginait comme les secrétaires gloseraient dans son dos à son apparition dans le hall.
Quand il nettoyait ses oreilles David pensait à ses projets : A sa future maison, à sa future promotion et même à d'autres grands projets commme d'écrire sa biographie, il y pensait depuis longtemps. Un jour sans doute, on enseignerait dans les écoles comment il s'illustra auprès du directeur à la réunion du 5 mars, ou bien encore comment il su à force de travail résoudre le problème de la fuite de gaz dans le secteur 5 car après tout ce jour là, il avait problablement sauvé des vies.
En effet David Ménard était un ingénieur qui s'occupait de tuyaux, un homme responsable puisqu'il travaillait pour la sécurité des biens et des personnes. Grace à ses expertises, il garantissait l'étanchéité des tuyaux dans les usines et préservait d'une explosion toute la masse inconsciente des ouvriers qui sifflaient en travaillant. Le peuple n'avait pas les moyens de comprendre et dans la version qu'il livrait aux diners il s'efforcait de simplifier un peu la complexité de sa tâche pour les profanes en disant simplement qu'il travaillait dans la sécurité. En société, David Ménard savait rester humble et c'était un devoir. Parfois, il s'imaginait recevoir un prix de meilleur employé devant des foules médusées, quand il levait le prix, il n'omettait pas de remercier ni ses parents et sa femme, ni son patron. Il reconnaissait volontiers avoir toujours eu le cul bordé de nouilles : Non qu'il chia sans digérer son aliment de base puisqu'il pétait dans la soie, mais il était certain d'être un privilégié de la vie. Tant de personnes n'avaient pas eu sa chance ! Son intégrité lui imposait d'en distribuer également les fruits.
C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il votait à gauche et il était pour le progrès social : pour tous ! so-li-da-ri-té, pas de la charité. Il payait grassement et allégrement ses impôts pour cette raison. Il était évident qu'une fois qu'on disposerait des lois adéquates nous aurions un monde plus juste qui ne laisse personne de coté. Par exemple, pas comme son con de voisin qui ne lui disat jamais bonjour... d'ailleurs lui non plus ne lui disait pas bonjour, mais ce n'était pas lui qui avait commencé à ne plus dire bonjour - il avait sa conscience pour lui. Le matin quand il partait au travail, il aimait bien l'emmerder, laissant tourner le moteur de sa voiture sous sa fenêtre. Sûr que ça le faisait chier puisqu'il travaillait de nuit. Et oui ! quand on dit pas bonjour, il faut payer le prix. D'ailleurs, son autre devise était : "Les cons ça devrait être interdit !". Et là, on ne pouvait pas lui dire qu'il avait tort.
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