Rien ne dérangeait plus Nathalie que de médire, elle avait ce don fabuleux d'être incapable de voir le pire chez les autres, elle pouvait trouver de la bonté aux méchants et du courage aux fainéants. Ce n'était pas un sacrifice puisqu'elle appliquait aussi ses généreux principes à sa personne. Avec sa philosphie, elle aimait sa vie, fût-elle faite de trois fois rien, c'était le point essentiel. Pour être heureuse, elle réclamait seulement le minimum syndical, et de ce point de vue, elle n'était en rien une force de progrès, elle, s'adaptait, se contentait, il n'y avait rien qui soit absolu. Pas vraiment le genre "Je pense donc je suis", ses vérités étaient faites de bric et de brocs récupérés aux puces et cloués ensembles, et sa vie ne prennait son sens qu'après coup quand alle tournait les pages de ses albums photos. Rien ne la dérangeait plus que son mari quand il traversait à toute berzingues l'album photo de leur voyage sur l'ile de la Réunion disant Mmmm... et manifestement s'en foutant complètement. Son industrie principale était donc la construction de ces passés radieux, par exemple, elle adorait organiser des week-end en amoureux, seuls ce genre d'enjeux la responsabilisait un peu. Dès lors qu'elle pensait à l'organisation de la fin de la semaine, rien n'importait d'autre car le véritable enjeu était là, elle était capable de passer des semaines rabougries et trouvait des forces nouvelles à l'approche du samedi. Dans son imagination, elle déroulait milles fois les scénarios possible et pensait à tous les détails. A la fin de sa vie, on dira de Sainte Nathalie que jamais on ne manqua de gobelets en plastique lors des pic-nique de Nathalie, jamais non plus, mais c'était moins canonisable, de godet en cahoutchouc pour niquer. La journée du Vendredi passait à une vitesse éclair, elle pensait à ce qu'elle se mettrait dans sa valise pour partir et consultait trois fois la météo, des fois qu'un météorologue extra-lucide annonce in-extremis cet orage qu'on avait pas vu.
Pas beaucoup le temps d'écrire cette semaine. En plus, comme on dit dans le jargon, je pédale un peu dans la choucroute avec cette Nathalie, il semble que j'ai un peu de mal avec les personnage élastiques, des "mais" partout, un vocabulaire simple, des excuse à tous les coins : pas mon genre ! M'enfin, il faut bien commencer...
1 commentaire:
Elle me fait peur cette Nathalie... J'ai l'impression de m'y voir avec tous ces week end que je réclame à tort et à travers à mon chéri... histoire d'annihiler l'ennui, d'arrêter le temps, de rassasier l'envie... Puis une fois que je les ai vécus, ces wee-end, je passe 3 à 4 longs mois à étaler ces 48 ou 72 heures de bonheur sur les pages noires de mes albums, grâce à ce prodigieux procédé qu'est le scrapbooking...!!Impression d'éterniser un moment de bonheur dans le train-train monotone de la vie...Impression de garder une porte ou un chemin tracé pour retourner dans ces instants de joie, au cas où l'âge m'en ferait oublier le mode d'emploi.
Enregistrer un commentaire