22 décembre 2005

Electronic nostalgy

Enfin, j'allume mon PC et je peux contempler paisiblement les photos sur mon disque dur. Désormais, elles sont les vestiges d'un ancien temps et je me suis offert une autre enfance et une raison d'espérer. Maintenant, je peux me souvenir de mon appartement, comme s'il s'agissait d'un paradis perdu. Je me rappelle du zèle imbécile que je mis à vider mon studio et de l'effort que j'ai du consentir pour avoir moins en me disant "L'argent ne fait pas le bonheur : Soit, essayons !" Dans l'absolu ma bêtise est parfaitement admirable.
Je rêvais d'une belle aventure, et voilà ! Je crois que l'aventure est terminée, maintenant il me reste à parvenir à peu près au même objectifs que j'avais il y a quelques années :
- Modifier mon menu pour ne plus manger des pâtes et des pizzas tous les jours
- Trouver l'envie d'avoir une vie à la fois rythmée et aèrée
- Avoir l'envie de retourner au boulot tous les jours par de subtiles astuces psychologiques

Rien de neuf alors, j'essaierai juste d'y parvenir plus rapidement, c'est juste un hoquet de l'histoire. Je suis seulement parvenu à m'offir une nouvelle enfance mais le présent est toujours pénible. La preuve par l'exemple de ce dont on m'avait prévenu : il n'y a pas d'ailleurs meilleurs.
La preuve que la peur est utile.

Oui, c'est vrai je m'ennuyais souvent là bas et il me fallait de l'air, mais j'oublie vite et rien n'y fait, devant mon ordinateur douillet, tant pis pour le lyrisme et les idéaux, je reviens à la vie et le sang coulera à nouveau dans mes veines quand j'aurai enfin ma connexion Internet. C'est le corps qui parle : Mort de fatigue dans les transports, usé par mes journée de travail j'écris debout dans le métro, j'écris comme on vomit : un flux ininterrompu d'encre noire s'entortille et gémit comme à l'agonie, infâme tout ce qu'il touche : Oh, l'affreux ! Ce n'est plus l'écrivain qui tremble, c'est la page blanche qui blêmit quand approche l'heure de torcher toute ces saletés. Je ressemble à un fou dans le train, en l'occurrence les apparences ne doivent guère se tromper et c'est super comique. Un mec sujet au migrations pendulaires (comme on dit dans le milieu) se promène toujours avec son nuage noir au dessus de la tête et, à coté de lui, tout est radieux.
Alors je sais ce que tu vas me dire : "Arrête ton cinoche mec, tu viens d'arriver, tu voudrais pas non plus qu'on te serve dans des couverts en argent non plus." Bein si, j'aimerais bien en fait, les milieux autorisés prétendent que l'espoir faire vivre, alors !

Sonia me dit qu'on est ce que l'on mange. Aïcha pretend que l'on transporte ce que l'on est. C'est fondamentalement incompatible. Je ne suis parvenu à aucun arbitrage, mais je vais y penser.

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