11 mai 2006

La convention Tecnocasa

Pour encore quelques semaines, je travaille pour Tecnocasa : un réseau d'agence immobilière. On reconnait les disciples à leur cravate verte. Aussi étrange que cela puisse paraitre je n'ai jamais bloggué à propos de cette entreprise, il y a pourtant beaucoup de chose à en dire et, d'un point de vue personnel, c'est certainement mon travail qui m'a le plus écoeuré de Barcelone car il me pompait mon temps, mon énergie et par voie de conséquence : mon intelligence.
J'étais arrivé là un peu par hasard, car je n'avais pas fais le difficile pour venir ici mais qu'à cela ne tienne : Ils enrôlent n'importe qui, de préférence jeune et nouveau venu sur le monde du travail, ils fournissent tout le matériel du culte : Crayon Tecnocasa, Pins Tecnocasa, Cravates Tecnocasa pour les garçons, Foulards tecnocasa pour les filles. Le fin du fin étant le papier-cul Tecnocasa. Vous venez de rentrer dans une grande famille.
Tecnocasa organisait ce week end sa convention à Séville, en lieu de "convention" il vaudrait mieux parler de normation. Six milles cravates vertes se sont donc réunies pour se féliciter du sort de cette belle entreprise. Ce fût d'un assomant inimaginable. Un présentateur de télé célèbre animait la messe et sur scène, il devait palper pas mal pour avoir accepté de venir, une blonde avec un décolleté très interessant remettait les prix aux meilleurs vendeurs. Sur les haut parleurs on nous passait tous les classiques du genre : Eye of the Tiger, We are the champion, Chariots of Fire, I will survive etc. Et même si dans cette grande réunion je me doutais bien que l'on serait un peu suffisant et que l'on nous apprendrait que nous étions en train de vivre une formidable épopée, j'ai vraiment été épaté de voir l'applomb de ces dirigeants dans leur tromperies. Le plus surprenant étant sans doute de voir la foule docile applaudir des conneries éhontées, comme à l'école elle se levait quand le parrain montait au micro et écoutait sans broncher l'oraison du grand ponte. Nos vendeurs s'accablaient volontier du discours ces obséquieux actionnaires lorsqu'ils mettaient quelques vibratos dans la voix.
Je n'ai pas compris, car enfin, les salades qu'on nous débitaient étaient une insulte manifeste à l'intelligence, même la plus élémentaire.
Le présisident est monté sur scène et nous a appris que dans la majeure partie des entreprises c'est le client qui est le plus important et il demande à l'assemblée : Vous êtes d'accord ? - Un "oui" timide du public... Et il puis il reprend : "Et bien non à Tecnocasa, c'est l'employé le plus important !"
Heureusement qu'il le dit : Nous sommes en sous-effectifs, les salaires sont misérables, ils licencient sans préavis, et les horaires sont absolument abrutissants etc. etc. Vous avez dit démagogie, de qui se moque-t-on ? Mais voyez vous : l'employé est le plus important, sa sueur surtout. Ce mariole sur l'estrade méritait le lynchage mais en lieu de lapidation : On l'a applaudi. Ensuite, notre brave et bien aimé président nous a raconté comment le parrain l'avait sauvé de la misère quand il était pauvre et malheureux. Nous devions donc tous faire des sacrifices. J'avais les larmes aux yeux. Pour finir, avant de ditribuer des scooter au meilleurs vendeurs. On nous a expliqué comment Tecnocasa aidait les enfants et construisait des hopitaux en Inde en distribuant des fonds pour ces malheureux (Imaginez 30000€ : Le prix d'une voiture de fonction). Bien évidemment ce chiffre ne fut pas communiqué.
Tout ceci m'a laissé très très songeur, les espagnols sont-ils tellement cons pour gober ces aneries... Non vraiment, syndiquez vous, réveillez vous ! Maintenant, je ne crois plus que je dirais du mal de ces Français paranoïaques, grâce à eux, ce genre de manifestation n'atteint pas ce niveau de débilité, du moins, je ne l'ai pas encore vu.

C'était tellement grotesque !

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