05 mai 2006

Bécéhaine

Je n'aurais jamais haï aucun endroit comme Barcelone. Et maintenant il faut avouer mon échec devant cette ville car je suis devenu incapable d'en parler sans mordre ni insulter. Il est certain que j'ai fait des progrès considérables en grossiereté puisque maintenant je pense être capable de faire chialer les mûles du Far West.
Quand j'ai écrit mes derniers mots sur mon cahier d'exil, j'ai essayé de faire un procès honnête à cette ville mais, après plusieurs tentatives, j'ai du renoncer car je suis devenu totalement enragé. Mes diverses inspirations n'ont réussies qu'à produire des colliers d'insultes plus ou moins pataudes.
Alors c'est ainsi, je dois détester définitivement la Grande Vautrée. Dans l'intimité de ma voiture je l'appelle Vieille Pute. Décidement, l'amour est une chose qui ne se discutte pas.
Cet endroit m'a rendu mauvais. De fait, la haine est presque par définition mauvaise. Un peu honteux, j'avance à la barre et pour plaider non coupable, j'ai accumulé des preuves en milles et en cents, elles sont toutes enregistrées. le jour ou il faudra se justifier, je ne serais pas sec. Hier soir par exemple, comme le Barça venait de gagner la coupe de la ligue, des milliers de fiers pochtrons sont descendus dans la rue pour chanter la victoire. Ils montent dans la voitures et en font trois fois le tour du Bled en klaxonnant : Mip...mip... Mipmipmip... : Jusqu'à une heure du mat. Les cons !
Pour moi qui suis étranger : Etrange !
Des imbéciles ont fait péter de pétards en bas de chez moi en chantant "Ohé..Ohé Ohé Ohé". Eux qui n'ont pas versé une seule goutte de sueur sur le terrain, ont-ils transpiré dans leur canapé ? Sans doute ont-ils gueulé dans les bars, mais ça ne vaut pas, en tous les cas, pas de quoi perturber mon sommeil. Mais c'est ainsi. Ils sont super contents et, ne sentant plus de joie ils abandonnent de belles quiches derrière les panneaux.
Alors moi, je suis là et je ne comprends rien : J'ai du manquer quelque chose...
Pourtant je n'ai que peu de doutes sur la médiocrité de ceux-là et si ce blog n'était pas public je traiterais ces petits enfoirés avec la prose qui convient aux bourris : Petitenfoirédmécouilletuvavoartamèrecomenkjteniktarace...Enculé.
C'est sans doute mon arrogance à la française qui maintient mes mots presques lisses. Donc, j'archive et je scribouille toutes mes doléances et l'histoire saura pourquoi j'ai frappé à ce moment là.
Avec l'espagne, je ne sais pas s'il faut parler d'un choc culturel ou d'un choc intellectuel. Ici, les Dieux sont tombés dans le stade, n'allez pas chercher l'humanité en regardant le ciel et en prenant un air inspiré : Attention ! vous êtes en train de marcher dessus !
La vérité est simple : Je m'emmerde dans les fêtes à faire le steak, je ne prends pas de photos dans mes voyages pour afficher ma vie trépidante sur le mur des chiottes et je n'en ai rien à foutre de m'écluser une mousse tranquille sur la plage (Apparement, c'est un truc cool). Non, tout ça m'a l'air d'être des loisirs de pauvres, je peux pas dire mieux.
Finalement, dans notre monde qu'on nous vend comme une carte postale, il est assez difficile de reconnaître qu'on est différent et c'est encore plus dur de l'affirmer bien haut. En ce sens l'écriture est certainement un moyen économique d'y parvenir. Pour ma part, j'aimerais écrire un jour : "Ici, tout n'est que luxe, calme et volupté" (Respirez, appuyer les virgules, on recommence...) "Ici, tout n'est que luxe, calme et volupté." (Imaginez) Voyez les nuages tourmentés s'avancer dans des horizons irrévocables, imaginez le vent s'engouffrer dans vos pauvres interrogations et les évader dans des terres sans échos, imaginez la pluie vous penètrer et sa caresse profonde vous envahir jusqu'à cette sensation troublante de partager ses frontières : vous n'êtes que de l'eau. Goa.
Et oui ! Je suis un aristocrate. Probablement j'ai encore du mal à me l'avouer. Mais qu'à celà ne tienne, si la bourgeoisie est dépréciée de nos jours, je serai un paria. J'éspère cependant que la légion de mes amis socialistes auront de la peine à me détester.
Mon frère disait à propos du nouveau look du blog : "J'aime bien ça fais riche." Je lui répondis : "Pourtant, il est simple." et lui "Ah non, j'ai dit riche, pas nouveau riche..."
Sacré GroN'EtiN.
Paix au marchands de sandwitchs.

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