21 mars 2006

Crash

Je sens qu'on me casse du sucre sur le dos et qu'il faut répondre. Bien que je ne sois pas très disposé à répondre aux demandes instantes d'optimisme, je dois malgré tout m'expliquer, puisque j'ai choisi d'exposer ma misère au monde.

Qu'est ce que je recherchais en venant á Barcelone ?

Du changement et un défi, bien que cela puisse paraître manquer un peu d'intelligence et de goût du bonheur. C'est la véritable raison qui m'a poussé à venir ici. C'est ce que j'y ai effectivement rencontré.

En regard de nombreux aspects, je ne peux plus tenir cette nécessaire mauvaise foi, l'écart est trop grand. J'avais déjà honte d'être un acteur de ce monde qui coulait vers toujours plus d'absurdité, mais maintenant cette confuse oppression est devenue une certitude noire, établie et puissante.

Et puisqu'on spécule, et me conseille je vais parler de choses objectives :

a) Tout les jours je passe devant un abattage industriel de poulet, cette endroit pue la mort et j'y passe tous les jours proche de vomir. Ce n'est pas de la sensiblerie : J'ai vu des lapins tout blancs finir dans la casserole, c'était triste pour le lapin mais c'était très bon à manger, je n'envisage pas que ces poulet morts dans l'odeur de la mort puisse avoir bon goût. Mais comment, on me demande de me réjouir quand on tue les poulets en batterie ? Je n'oublie pas les poulets.
b) Ils y en a qui ont sombrés dans la drogue ici. Rien que pour cela, Bacelone est une belle pute.
c) Le midi, je vais chercher un sandwitch au fromage et à la vache mal morte dans le restaurant du coin, je respire un nuage de cigarettes et d'alcool. Il n'y a pas de bon restaurant où il es interdit de fumer à l'endroit où je travaille, c'est comme ça. Je suis obligé. Même si je décidais de manger seul, je mangerais malgré tout mal.
d) C'est laid, c'est laid, c'est laid... Je ne peux pas... je ne peux pas. J'ai trouvé un seul lieu dans Barcelone que j'ai trouvé beau.
e) Vendredi dernier, il y avait une fête à Barcelone : Le botellon, importée de Castille, cette fête consiste à se bourrer la gueule et à vomir dans la rue en jetant des cailloux sur la police.
f)...
g)...

Je répète à l'envie les choses positives mais elles sont très clichés également :
a) C'est une bonne expérience, car elle rend la valeur à ce que j'avais et que je n'apréciais pas, mais. Pour être exact ce N'EST pas un bonne expérience, ce SERA une bonne expérience.
b) Tout s'est passé comme je l'avais prévu. C'est à dire que d'une manière assez pédagogique, j'ai été servi par un éventail intéressant de complications.
c) Aussi, j'ai peur de blesser mes amis quand j'applique ma cruauté à sanctifier les villes. Mais ces amis comptent, et beaucoup. Il est utile de le préciser car je me rends compte que ce blog n'a pas grand chose d'international et que rien ne change malgré la haine superficielle.

Etrange, dans ce monde très occupé à sa drogue, chacun bois à la louche dans la marmite des halucinations, le voyage, l'art, la fête et autres grandeurs autrement dit ; la fuite, l'illusion et l'oubli. Le pessimisme et l'optimisme ne sont qu'une certaine tournure d'esprit, mais ne changent pas le réel.

On doit faire son chemin, il faut du temps et prendre patience, blablah, et caetera... Je sais tout ça et d'ailleurs, vous avez parfaitement raison de le rappeler, mais mon chemin est un peu plus loin et je m'en vais.
S'il vous plaît, néammoins, pas de psychologie, pas de recette du bonheur, ce n'est pas d'explications ni de consolation que j'ai besoin. Je sais où je vais, j'ai besoin d'arbres et de beauté, de temps et de sérénité et pour me consoler, je n'ai qu'à me pencher à la fenêtre du train de la vie et regarder tous ces bagnards enchaînés, sédentaires, ils me fixent comme un météore, les yeux si tristes. Je sais tous vos doutes puisque nous avons les mêmes n'est-ce pas ?

J'ai toutefois quelques torts et il sont graves. Je n'aurais pas du publier les derniers articles car ils sont trop inquiétants, insultants et inutilement fous, j'aurais du choisir un pseudonyme. Aussi étonnant que celà puisse paraître, tout le bouillonnement de ces derniers temps a toujours tenu dans ma main. Par trop sauvage et sanglant, ces articles n'auraient pas dus être écrits par Clément, j'aurais du couper plus tôt les pont du réels. Excusez moi.

Et maintenant, que j'ai appris à écrire : apprend lecteur que les trains à l'heure n'intéressent personne.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mais évidemment qu'on jette des cailloux sur les keufs en se bourrant la gueule! Ca serait completement con de sucer des cailloux en jetant des bouteilles pleines, et beaucoup plus dangereux, alors réfléchi 2 secondes...

Rôôôô Lalalalalala, j'te jure!