(Je reprends mon voyage à Barcelone en publiant les articles au rythme des jours qui se sont écoulés en temps réel différé. Je m'excuse pour ceux qui en savent déjà trop d'avoir éventé le suspense mais une certaine conscience d'écrivain m'interdisant le "live" est en train de naître)
Maintenant que je quitte Paris, je ne l'ai jamais trouvé Paris aussi beau, à la porte Maillot les trottoirs laqués de pluie reflétaient la lumière de la rue, passant devant le Méridien un portier avec son uniforme complètement désuet patrouillait, sur le périphérique je pose ma tête contre la vitre du car et me laisse enchanter par le ballet des phares de voitures. Adieu.
Un aérogare a une poésie qui n'appartient qu'à lui. Cet endroit est un peu comme nulle part, dans un espace immense les lumières des néons éléctriques hallucinent les passagers proprement dispersés dans des fauteuils tous identiques. Les voyageurs attendent leur traitement comme une salle d'opération : dans quelques heures on sera loin et plus rien ne sera comme avant. Ce hall devrait être terriblement froid mais il ne l'est pas. La concentration de rêves d'ailleurs meilleurs, les déprimes de l'exil ou du retour créent une ambiance unique.
En face de moi une fille totalement absente tourne les page d'un magazine et si je lui subtilisait son magazine pour en blanchir les pages je suis certain qu'elle continuerait de les tourner, à quoi pense-t-elle ? Et moi... à quoi je pense ?
Je suis ici pour changer de vie et partir à Barcelone et c'est mon seul programme. J'ai de gros doutes.
Et la bombe quel bruit fera-t-elle ?
10 novembre 2005
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